Ce samedi 17 octobre, à Nîmes, environ 3 000 personnes ont manifesté en centre-ville, selon les organisateurs, tandis que le cabinet de la préfète du Gard en a compté 1 500. Le cortège, parti à 14 heures des jardins de la Fontaine, a déambulé dans une ambiance d'abord pacifique avant de dégénérer en violences urbaines en fin d'après-midi, avec dégradations, jets de projectiles et usage de gaz lacrymogène par les forces de l'ordre.
Un cortège transgénérationnel et festif
Dès le départ, la manifestation a réuni des profils variés : gilets jaunes, lycéens, étudiants, actifs en difficulté et retraités. Beaucoup de participants affichaient un sourire, surpris par cette affluence. L'ambiance, musicale et festive par endroits, contrastait avec les revendications portées sur les pancartes : dénonciation du prix de l'essence et de la vie chère, messages anti-Rassemblement national, soutien à la Palestine et à l'Ukraine, ou encore défiance envers le gouvernement et la police.
Des enfants en bas âge étaient présents, illustrant le caractère transgénérationnel de la marche. Sur le boulevard Victor-Hugo, vers 15 heures, les employés de restaurants, librairies, cafés et glaciers observaient le cortège sans inquiétude apparente, semblant acquiescer aux revendications des manifestants. Le parcours, plus court que lors des mobilisations précédentes (pas de passage par les avenues Perrier et Carnot), a conduit les manifestants jusqu'à la préfecture, point de dispersion initialement prévu vers 15h15.
Prolongation improvisée et premières tensions
À 15h30, les manifestants ont prolongé la mobilisation sans préavis ni autorisation, en empruntant l'avenue Leclerc. Cette initiative a provoqué l'interruption du trafic et la déviation des transports publics. Quelques minutes plus tôt, une résidente de la résidence Arcadie, depuis son balcon, encourageait la foule en criant « Ne lâchez rien ! Ne lâchez rien ! », évoquant avec plaisir Mai 68.
La situation s'est ensuite dégradée : un arrêt de bus a été totalement dégradé, un extincteur et du mobilier urbain ont été volés, et des poubelles ont été incendiées sur le rond-point de la Route d'Arles. Les manifestants ont alors « changé de visage », selon le récit : les pancartes ont disparu, laissant place à des jeunes hommes, quasi exclusivement, le visage dissimulé pour la plupart, visiblement déterminés à en découdre.
Affrontements avec les forces de l'ordre
Ces individus ont bloqué l'accès au boulevard Allende avec un encombrant (apparemment un réfrigérateur), avant que les forces de l'ordre ne tentent de les disperser au gaz lacrymogène. Le groupe, plus épars, a ensuite causé d'importantes dégradations au centre commercial des 7 Collines, puis s'est dirigé vers l'ouest. Les forces de l'ordre les attendaient au rond-point du Kilomètre-Delta, empêchant toute pénétration sur l'autoroute A9.
Pendant de longs moments, des jets de projectiles et des insultes ont fusé, auxquels les policiers et gendarmes ont répondu par de multiples lancers de grenades lacrymogènes et de dispersion. Selon le journal Midi Libre, qui a couvert l'événement, ces violences ont émaillé la fin de la mobilisation, sans que le bilan définitif (blessés, interpellations) ne soit encore communiqué à l'heure où ces lignes sont écrites.