17 octobre : manifestations sous tension de Montpellier à Nîmes
17 octobre : manifestations sous tension de Montpellier à Nîmes

Le samedi 17 octobre, les manifestations contre la vie chère et pour le pouvoir d'achat, initialement annoncées comme festives, ont dégénéré en violences urbaines dans plusieurs villes du sud de la France. À Montpellier, environ 35 000 personnes ont défilé, mais la journée s'est terminée sous des tirs de gaz lacrymogènes, avec des magasins saccagés et pillés. À Nîmes, près de 3 000 personnes se sont rassemblées, mais des casseurs ont pris le relais en fin d'après-midi. À Toulouse, jusqu'à 32 000 manifestants ont défilé, mais des affrontements ont éclaté, faisant huit policiers blessés et 53 interpellations.

Des cortèges pacifiques le jour, des violences en fin de journée

Dans le Gard, à Alès, lycéens, retraités, « Gilets jaunes » et autres Cévenols ont convergé dans la matinée vers la rocade avant de battre le pavé du centre-ville. Ils étaient au moins 1 300 manifestants dans l'après-midi, selon les journalistes de Midi Libre. À Nîmes, la manifestation était initialement annoncée contre la vie chère. Près de 3 000 personnes (1 500, selon le cabinet de la préfète du Gard) se sont rassemblées en cœur de ville pour exprimer des revendications diverses. Le cortège, bien ordonné, comprenait des « gilets jaunes », des lycéens, des étudiants, des actifs en galère et des retraités.

Cependant, à 15h30, des manifestants ont improvisé la prolongation de la mobilisation. « Ils ont au sens propre changé de visage », rapporte Midi Libre. Tandis que les sourires disparaissaient, l'heure était manifestement à la casse, de la part de jeunes hommes, quasi exclusivement, le visage dissimulé.

À Béziers, Perpignan et dans l'Aude : des dérapages et des interpellations

À Béziers, entre 1 200 et 1 500 personnes ont manifesté dans un mouvement marqué par le soutien aux lycéens et la convergence de revendications sociales. L'après-midi, un second rassemblement, plus restreint, s'est déroulé dans une ambiance plus tendue, avec l'usage de gaz lacrymogènes.

À Perpignan, la situation a dérapé alors que des familles, des retraités, des étudiants, des lycéens et des « gilets jaunes » étaient venus pour une mobilisation ayant pour mot d'ordre la convergence des luttes. Selon nos confrères de L'Indépendant, 20 personnes, mineures pour la plupart, ont été interpellées. Les vitrines du Sephora ont été brisées, des produits y auraient été volés. Les Galeries Lafayette ont également été attaquées par des casseurs. Les forces de l'ordre ont fait l'objet de jets de sacs-poubelles, de détritus, de pétards, mais aussi de poubelles en feu et de pierres.

Dans l'Aude, ils auront été 2 500 à se mobiliser : 1 500 à Carcassonne et 1 000 à Narbonne dans des cortèges très majoritairement composés de jeunes pour cet appel à manifester contre la vie chère et en faveur du pouvoir d'achat.

À Montpellier et Toulouse : le chaos en fin de journée

À Montpellier, « ambiance de fin du monde sur la place de la Comédie dans une nuée de gaz lacrymogènes », décrivaient les journalistes de la rédaction de Midi Libre. Environ 35 000 personnes ont défilé dans les rues, selon la préfecture, en majorité des lycéens et des étudiants venus exprimer leur ras-le-bol. Mais la manifestation a viré au chaos et des magasins emblématiques de place de la Comédie et du centre-ville (Monoprix, Foot Locker, etc.) ont été saccagés, pillés. Des vitrines ont été brisées.

Dans un communiqué, la préfète de l'Hérault Chantal Mauchet, qui avait autorisé le rassemblement jusqu'à 19 heures, a appelé les manifestants à rentrer chez eux « en raison des risques de troubles à l'ordre public liés à la présence de manifestants hostiles, habillés en noir, cagoulés, munis de tir de mortiers et de matériel pouvant servir d'armes par destination et dont l'intention est l'affrontement avec les forces de l'ordre ». Vers 19h30, malgré les tirs de gaz lacrymogènes, les manifestants – voire les émeutiers – ne voulaient toujours pas se disperser, visant les forces de l'ordre avec des tirs de mortiers d'artifice. Une première charge a été donnée près du Corum, alors que sur la place de la Comédie et dans les rues adjacentes des cris, des sifflements, des tirs de gaz lacrymogènes se faisaient entendre et que, partout, les déchets s'accumulaient. Des feux ont été allumés, faits de boîtes de chaussures venues du Foot Locker dévalisé ou des planches censées protéger les vitrines.

À Toulouse, jusqu'à 32 000 personnes, selon la préfecture de la Haute-Garonne, ont défilé. La manifestation qui devait réunir anciens « gilets jaunes », lycéens, étudiants, militants écologistes ou opposants à la vie chère a basculé progressivement dans une succession de dégradations, de pillages et d'affrontements avec les forces de l'ordre. Dès le départ du cortège, plusieurs centaines d'individus vêtus de noir, le visage dissimulé, avaient pris les devants. La préfecture a estimé ce groupe à près de 500 personnes « préparées pour se confronter aux forces de l'ordre ». Ainsi, plusieurs commerces ont été pillés et des vitrines brisées. À 19h30, 53 personnes avaient été interpellées et huit policiers blessés.

À Bagnols-sur-Cèze : une faible mobilisation

À Bagnols-sur-Cèze, seule une vingtaine de personnes se sont rassemblées pour dénoncer la vie chère sur le rond-point de l'Europe. Dans la matinée, un drapeau français a flotté sur le giratoire et des messages ont été déployés sur des pancartes et sur un étendard jaune – « Force et honneur à nos frères et sœurs de lutte » ou encore « Macron entends-tu le cri sourd du pays que tu enchaînes ? ».

Ces mobilisations, marquées par des dégradations et des affrontements, ont conduit à de nombreuses interpellations dans plusieurs villes, reflétant des tensions sociales persistantes autour du pouvoir d'achat.