Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a expliqué mercredi 22 octobre 2026 la politique pénale adoptée par son parquet après les troubles du 17 octobre. Face aux critiques sur la sévérité des réquisitions, il assume un choix assumé : la comparution immédiate systématique, sans recours aux CRPC, et une fermeté liée au contexte des faits.
Une réponse pénale rapide et publique
Interrogé sur le choix de la comparution immédiate, le procureur a indiqué avoir « décidé de la comparution immédiate sans autre forme de réponse, car elle me paraît indispensable pour ce type de faits ». Il a justifié cette procédure par la nécessité d'une « réponse pénale rapide » et par l'intérêt des audiences publiques « pour nourrir le débat, nourrir la réflexion sur la manière dont la justice a travaillé, les profils qui sont poursuivis ».
Selon Damien Martinelli, en trois jours, 40 personnes sont passées en comparution immédiate. Cette procédure, qui permet un jugement rapide, a été privilégiée pour tous les dossiers liés aux pillages et dégradations survenus à Nice le 17 octobre.
La sévérité justifiée par le contexte
Le procureur a répondu aux critiques sur la sévérité des réquisitions, notamment pour des vols de vêtements ou de baskets. « Le contexte est essentiel. Venir profiter d'une situation dans laquelle des commerces ont été pillés et des outils de travail saccagés pour se servir est beaucoup plus grave qu'un vol à l'étalage dans un supermarché », a-t-il déclaré.
Il a qualifié ces comportements d'« opportunistes » et de « charognards », ajoutant que « les personnes qui récupèrent des baskets savent qu'elles profitent d'une situation dans laquelle des commerçants ont été victimes de violences, parfois alors qu'ils tentaient de protéger leur magasin ». Pour lui, « la sévérité est liée à cette mise en contexte ».
Des réquisitions variables mais fermes
Interrogé sur les écarts parfois importants entre les réquisitions d'une audience à l'autre, Damien Martinelli a évoqué la « liberté de parole des magistrats du parquet ». Chaque magistrat « apprécie le dossier en fonction des faits et de la personnalité du prévenu », ce qui explique l'absence d'uniformité. Il a toutefois précisé que « les réquisitions des uns et des autres n'ont pas été systématiquement suivies par les tribunaux ».
Le procureur a néanmoins affirmé souscrire « pleinement à la fermeté de la réponse judiciaire » dans ces circonstances. Concernant les casseurs, il a indiqué que les enquêtes se poursuivent pour identifier les personnes impliquées, avec l'exploitation des images et des téléphones pour « remonter les pistes lorsque cela est possible ».