Dix ans après le drame de la promenade des Anglais, Nice a commémoré ce 14 juillet 2026 l'attentat qui a coûté la vie à 86 personnes. La cérémonie, organisée place Masséna, a été marquée par la parole poignante des associations de victimes et la présence de nombreux officiels, dont le président Emmanuel Macron, l'ancien président Nicolas Sarkozy, les ex-ministres Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, le maire Éric Ciotti, ainsi que le Prince Albert et la Princesse Charlène.
Une cérémonie empreinte d'émotion
La voix de l'auteur et metteur en scène Daniel Benoin a ouvert la cérémonie, accompagnant des images projetées sur un grand écran montrant Nice insouciante avant le chaos. Le violoncelle de Gautier Capuçon a offert une toile de fond musicale. Léa Amiot, 13 ans, élève du Théâtre national de Nice, a récité un poème : « Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante : le soleil des vivants n'échauffe plus les morts ».
86 chaises bleues et rameaux d'olivier
86 chaises bleues, disposées en arc de cercle selon un axe de 115,5 degrés (l'orientation de la baie des Anges), portaient des fourreaux avec un rameau d'olivier. 43 enfants, accompagnés de primo-intervenants (blouses blanches, agents de la Ville, militaires, pompiers, policiers), ont déposé les noms des victimes. Deux pompiers ont transporté une gerbe de fleurs aux couleurs du 14 juillet.
Les associations de victimes prennent la parole
Anne Murris, présidente de Mémorial des Anges, a lu un texte de Marek, ami de sa fille Camille : « Même au plus profond de la nuit, la mer murmure un peu de ce qui vient du jour. Ce chant est en vérité celui de la vie à l'abri des errements des hommes. » Patrick Prigent, pour Life for Nice, a déclaré : « Le terrorisme veut tuer la confiance, la liberté, la fraternité, l'espoir. Notre devoir est de lui opposer la solidarité, la mémoire, la justice, la résilience. Mais pas l'oubli. » Hager Ben Aouissi, de l'association Une Voie des Enfants, a lancé un plaidoyer : « Vous avez le droit de rêver. Vous avez le droit d'aimer. Vous avez le droit d'être heureux. Vous avez le droit de vivre pleinement. Parce que vous êtes bien plus grands que ce que le terrorisme a voulu faire de vous. »
La quête de vérité sur les failles de sécurité
Stéphane Erbs, pour Promenade des Anges, a évoqué la « blessure niçoise » et l'attente de vérité sur les failles de sécurité : « Huit années de silence, comme si la vérité sur ce qui n'avait pas été fait pouvait attendre. Nous n'avons jamais abandonné, nous avons obtenu la requalification, puis le dépaysement de cette instruction. Aujourd'hui encore elle avance. Ce dossier est vivant. La dernière vérité n'est pas encore dite, mais est enfin en marche. »
Les discours officiels
Le maire Éric Ciotti a rendu hommage aux victimes et aux secours : « Ils étaient chrétiens, juifs, musulmans… Ils étaient sur la Promenade parce qu'ils aimaient la France. Ils ont été assassinés un 14 juillet, parce qu'ils la fêtaient. Le terroriste a choisi ce jour. Il a choisi cette fête. Il voulait nous la prendre. Mais il a échoué comme ils échoueront toujours si nous sommes forts. » Le président Emmanuel Macron a promis le soutien de l'État : « Le 14 juillet n'a pas cessé d'être le jour de notre liberté. Et Nice n'a pas cessé d'être cette ville d'art, de lumière, de langue mêlée, et cette ville française et méditerranéenne enracinée et ouverte. Alors oui, dix ans après, la République est à vos côtés. » Il a qualifié le 14 juillet 2016 de « blessure française ».



