Nice : 4 000 manifestants, débordements et pillages samedi
Nice : 4 000 manifestants, débordements et pillages

Près de 4 000 personnes ont défilé ce samedi 17 octobre à Nice, une affluence inattendue qui a rapidement dégénéré en violences urbaines. Selon le premier bilan de la préfecture, 15 commerces ont été pillés, plus de 60 personnes interpellées et une dizaine de blessés sont à déplorer.

Une mobilisation surprise et hétéroclite

Alors que la participation était plus qu'incertaine, plus de 4 000 personnes ont battu le pavé niçois ce samedi 17 octobre. Ce rassemblement non déclaré, organisé dans le cadre de la mobilisation nationale des Gilets jaunes, a surpris par son ampleur. Sur la place Masséna, au départ du cortège, en début d'après-midi, l'ambiance était bon enfant. Dans la foule, les profils se mélangeaient : quelques Gilets jaunes, des Azuréens venus en famille, des retraités, mais surtout une très forte mobilisation de la jeunesse azuréenne avec des étudiants et lycéens.

Derrière cette diversité, un même sentiment d'exaspération : le coût de la vie, le prix de l'essence, les difficultés à boucler les fins de mois et la dégradation des services publics, dont celui de l'enseignement. Des préoccupations communes qui ont permis de réunir des générations et des professions très différentes. « Oui, nous avons réussi ce samedi la convergence des luttes. Peu de monde s'y attendait et c'est une belle réussite », se réjouit Sylvie, Gilet jaune présente dans le cortège. Martine, elle, est venue avec ses filles lycéennes : « On est là pour elles et pour nous, on n'en peut plus de ne pas arriver à boucler nos fins de mois alors que nous travaillons. Stop maintenant… »

Dégradations dès le départ, forces de l'ordre absentes

Mais cette convergence sociale va rapidement se heurter à un cortège désorganisé et à des débordements. La manifestation s'élance sur l'avenue Jean-Médecin. Une cinquantaine d'individus cagoulés et vêtus de noir, identifiés comme des black blocs, se glissent très vite à l'avant du cortège. Leur comportement provoque des tensions avec les autres participants. Vers 14 heures, les premières dégradations surviennent : la vitrine du magasin JD Sports est saccagée. Il n'y a alors aucune force de l'ordre présente au départ du cortège, alors même qu'une quinzaine de camions de la police nationale et de CRS s'étaient positionnés en fin de matinée avenue Jean-Médecin.

Il faudra attendre plus d'une demi-heure après le départ de la manifestation pour voir les forces de l'ordre arriver par les rues adjacentes à l'avenue. Les premières salves de gaz lacrymogènes interviennent au niveau du magasin JD Sports. Un Gilet jaune, muni d'un mégaphone, tente de se faire entendre pour dénoncer les casseurs. Son message est sans ambiguïté : « Les casseurs n'ont rien à faire ici ! »

Un cortège fragmenté, des affrontements place Masséna

Le cortège reprend mais il peine à conserver une direction unique. Désorganisée, la manifestation se fragmente dès le haut de l'avenue Jean-Médecin. Un premier groupe prend la direction de la gare Thiers, avant de tenter de pénétrer sur la voie rapide au niveau de Saint-Philippe. Il redescend ensuite par le boulevard Grosso jusqu'à la promenade des Anglais, où les forces de l'ordre interviennent pour le disperser. Le second reste en haut de l'avenue Jean-Médecin, puis jusqu'au quartier de la Libération, avant d'être à son tour dispersé par les forces de l'ordre.

En fin d'après-midi, les manifestants, encore nombreux, se retrouvent sur la place Masséna. D'autres se rendent devant l'Hôtel de ville où ils scandent des propos contre l'extrême droite et contre le maire UDR de Nice, Éric Ciotti. Place Masséna, la situation se tend à nouveau. Alors que certains tentent d'ériger des barricades avec du mobilier urbain, les forces de l'ordre font usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Vers 17 h 30, la dispersion du rassemblement s'effectue dans un climat de fortes tensions.

La manifestation prend fin, mais la journée est loin d'être terminée. De nouvelles violences éclatent sur l'avenue Jean-Médecin et donnent lieu à des véritables scènes de chaos et de pillages. Le bilan de la préfecture fait état de 15 commerces pillés, plus de 60 interpellations et une dizaine de blessés.