Douze suspects ont été arrêtés et placés en détention à Barcelone, Lérida et Tarragone, à l'issue d'une opération conjointe inédite entre la police espagnole et l'Office anti-stupéfiants (Ofast) de la police judiciaire française. Cette enquête a abouti au démantèlement du plus important laboratoire de méthamphétamine jamais découvert en Europe, permettant de récupérer plus de 2,4 tonnes de cette drogue de synthèse, exportée par le cartel mexicain du Jalisco Nouvelle Génération.
Une coopération franco-espagnole saluée
Cette opération constitue une première dans la lutte antidrogue en Europe, saluée à Paris comme à Madrid. Grâce à une coopération policière et judiciaire approfondie entre la France et l'Espagne, un important laboratoire de fabrication de méthamphétamine, drogue qui fait des ravages en Amérique du Nord, a été démantelé en Catalogne.
Les policiers espagnols, assistés de leurs collègues français de l'Ofast, ont saisi dans une villa près de Lérida une grande quantité de drogue en cours de production. La maison avait été transformée en laboratoire, version « Breaking Bad », la célèbre série américaine racontant l'histoire d'un professeur de chimie se lançant dans la fabrication de méthamphétamine. Des dizaines de bidons, des marmites posées sur des brûleurs, des bacs de congélation remplis de produits et solutions diverses : la drogue produite dans cette maison avait un parfum de vanille.
Un conteneur repéré au Havre en juin
L'enquête a débuté en juin dernier, lorsque la douane et la police françaises ont repéré au Havre un conteneur renfermant 12 tonnes d'arôme de vanille liquide. Grâce à des renseignements, les enquêteurs ont compris que cette cargaison, envoyée par des proches du cartel mexicain Jalisco Nouvelle Génération, contenait en réalité de la méthamphétamine diluée dans l'arôme de vanille, destinée à être extraite puis commercialisée en Europe.
Le conteneur a été suivi jusqu'à Barcelone, où il a été stocké dans un premier temps, avant d'être transféré dans un entrepôt, puis dans cette villa où l'assaut a finalement été donné. Au total, les trafiquants espéraient récupérer 2,5 tonnes de drogue de synthèse, dont la présence est de plus en plus marquée en Europe.
Une tendance inquiétante : les cartels mexicains s'installent en Europe
Cette arrestation confirme une tendance observée depuis plusieurs mois par les forces de l'ordre : l'Europe est désormais une cible prioritaire pour les organisations criminelles mexicaines, qui envoient leurs propres chimistes sur le continent pour y produire directement leurs stupéfiants de synthèse. Un premier laboratoire avait d'ailleurs été démantelé l'hiver dernier à Toulon.
Vanessa Perrée, la procureure nationale anticriminalité organisée, qui a supervisé cette enquête ouverte pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation de crimes et délits punis de dix ans d'emprisonnement, importation non autorisée de stupéfiants en bande organisée, ainsi que d'acquisition, détention, transport, offre ou cession non autorisée de stupéfiants », rappelle dans un communiqué : « Seule une entraide pénale internationale renforcée et fluide est susceptible d'entraver des groupes criminels aux activités internationales ».



