Deux grues incendiées en quelques jours, des pelles mécaniques également ciblées, et un adolescent de 15 ans interpellé après avoir reconnu les faits. Le chantier de la future résidence Duo Verde, dans le quartier de La Martelle à Montpellier, est au cœur d'une série d'actes malveillants qui interrogent les enquêteurs. Ce programme immobilier de 14 appartements, avec un parc arboré de 5 000 m², est signé Kaufman & Broad et implanté au 213 rue Michel-Crépeau, à l'emplacement de l'ancien garage automobile Le Martelet.
Deux incendies de grue en une semaine
Le premier incendie s'est déclaré le 15 juillet 2026 vers 5 h 45 du matin. Les sapeurs-pompiers de l'Hérault sont intervenus pour circonscrire des flammes visibles à des centaines de mètres. La cabine de la grue a été entièrement ravagée, causant des dégâts estimés à près de 80 000 euros. Aucune victime n'est à déplorer. Une enquête de la police nationale a été ouverte pour déterminer s'il s'agissait d'un accident ou d'un acte volontaire.
Dans la nuit du 17 au 18 juillet, un second incendie s'est produit. Vers 3 heures du matin, des riverains ont maîtrisé un adolescent d'à peine 15 ans qui venait d'incendier la cabine d'une autre grue à l'aide d'essence. Ils l'ont remis à une patrouille de police préalablement avisée. Le mis en cause a été interpellé et placé en garde à vue, où il a reconnu les faits.
Un adolescent recruté pour 200 euros
Selon ses déclarations, « des personnes qu'il ne connaissait pas lui auraient confié la mission de mettre le feu à la seconde grue, en échange de 200 euros », indique une source proche de l'enquête. Il s'est ensuite enfermé dans son mutisme par peur des représailles. Déféré le 19 juillet devant un juge des enfants, ce jeune pyromane devra répondre de ses actes dans les prochaines semaines.
Par ailleurs, selon nos informations, deux pelles mécaniques appartenant à une entreprise tierce de terrassement auraient également été incendiées à l'ouverture du chantier. Ces engins n'appartiennent pas à BFC Bâtiment, la société gestionnaire du chantier, dont le siège est à Perpignan avec une succursale à Baillargues.
Enquête en cours pour identifier les commanditaires
Les enquêteurs cherchent à comprendre qui peut en vouloir à BFC Bâtiment. Plusieurs hypothèses sont étudiées : pression exercée par un réseau local, jalousie d'un concurrent n'ayant pas obtenu le marché de construction, ou encore autre motif. Une enquête est en cours pour tenter d'identifier les commanditaires. Nous avons tenté d'entrer en contact avec le directeur du chantier, qui n'a pas donné suite à nos sollicitations.



