Une vidéo attribuée au groupe criminel DZ Mafia, dans laquelle ses membres démentent avoir proféré des menaces de mort contre le maire d'Alès, Christophe Rivenq, a été diffusée sur les réseaux sociaux, brouillant un peu plus les pistes de l'enquête. Cette affaire, qui avait suscité une vive émotion dans la ville gardoise, prend une nouvelle tournure.
Une vidéo de démenti qui interroge
Dans cette séquence de quelques minutes, visionnée des milliers de fois, un homme encagoulé, se présentant comme un représentant de la DZ Mafia, déclare : « Nous n'avons rien à voir avec les menaces contre le maire d'Alès. Ce sont des accusations infondées. » Il accuse des « rivalités internes » d'être à l'origine de cette mise en scène. La DZ Mafia, groupe criminel originaire de Marseille, est connue pour ses activités de trafic de stupéfiants et ses méthodes violentes.
Le maire Christophe Rivenq avait reçu, le 15 juillet, une lettre de menaces de mort signée de la DZ Mafia, accompagnée d'une douille de fusil. Depuis, il bénéficie d'une protection policière renforcée. L'enquête, confiée à la police judiciaire de Nîmes, tente de déterminer l'authenticité de cette vidéo et ses motivations.
Réactions des autorités
Le procureur de la République d'Alès, contacté par l'AFP, a indiqué que « l'authenticité de cette vidéo est en cours de vérification. Nous ne pouvons pas exclure qu'il s'agisse d'une manœuvre de désinformation. » Il a précisé que l'enquête se poursuit « dans toutes les directions ».
De son côté, Christophe Rivenq a déclaré : « Je reste prudent. Cette vidéo ne change rien à ma détermination à défendre ma ville. » Il a appelé à ne pas céder à la panique et à laisser la justice faire son travail. La mairie d'Alès a également renforcé les mesures de sécurité autour des bâtiments publics.
Un contexte de tensions
Cette affaire intervient dans un climat de tensions liées au trafic de drogue dans la région. Alès, ville de 40 000 habitants, a connu plusieurs règlements de comptes ces dernières années. En 2023, une fusillade avait éclaté en plein centre-ville, faisant deux blessés. La DZ Mafia est soupçonnée d'être impliquée dans une partie de ces violences.
Les menaces contre le maire avaient provoqué une vague de soutien de la part des élus locaux et nationaux. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait condamné « des actes inacceptables » et assuré que l'État ferait toute la lumière sur cette affaire. La diffusion de cette vidéo de démenti pourrait toutefois compliquer les investigations.
Des précédents de désinformation
Ce n'est pas la première fois qu'un groupe criminel utilise les réseaux sociaux pour nier des faits ou menacer des personnalités. En 2022, une vidéo similaire avait été diffusée par un gang marseillais pour démentir une implication dans un assassinat. Les experts en criminalistique numérique soulignent la difficulté de vérifier l'authenticité de ces contenus.
Selon une source proche de l'enquête, « il est possible que cette vidéo soit une tentative de brouiller les pistes ou de semer la confusion. » Les enquêteurs examinent les métadonnées et les éventuelles traces de montage. Aucun élément n'a encore permis de confirmer ou d'infirmer l'authenticité de la séquence.
Impact sur la population
Les habitants d'Alès, interrogés par les médias locaux, expriment leur inquiétude. « On ne sait plus quoi penser. C'est le chaos », confie un commerçant du centre-ville. La municipalité a organisé une réunion publique pour rassurer la population, mais l'incertitude demeure.
L'affaire a également des répercussions politiques. L'opposition municipale a réclamé des explications sur la gestion de la sécurité. Le maire a réaffirmé sa confiance dans les forces de l'ordre et appelé à l'unité. « Nous ne céderons pas à la peur », a-t-il martelé.



