Un jeune Marseillais de 18 ans, interpellé le 17 août sur un point de deal notoire à Alès, a été condamné jeudi 20 août à dix mois d'emprisonnement par le tribunal correctionnel d'Alès. Il a échappé à l'incarcération immédiate, le mandat de dépôt n'ayant pas été ordonné. Le parquet avait requis dix mois de prison ferme et un maintien en détention.
Un "jobeur" recruté sur Snapchat
Dans la soirée du 17 août, les CRS déployés dans le quartier des Cévennes à Alès ont interpellé le jeune homme, ainsi que deux mineurs, sur le point de deal de la rue du Lozère. Le prévenu, tout juste majeur, a reconnu être un "guetteur pour se faire des sous", précisant qu'il était à Alès depuis trois jours et avait officié durant deux jours. Il est ce que l'on appelle un "jobeur".
"J'étais en galère d'argent et on m'a recruté sur Snap…", a-t-il déclaré aux magistrats. Il a ajouté : "Le problème, c'est que je suis tombé dans le piège. J'étais en galère."
Un passé judiciaire à Marseille
Ce jeune homme avait déjà été jugé à Marseille mi-juin pour trafic de stupéfiants, où il avait écopé d'un sursis simple. Le substitut du procureur de la République, Quentin Larroque, a souligné que non content d'avoir fait le "chouf", le prévenu avait également été "sacocheur" le soir de son interpellation. "Nous avons laissé une chance à Monsieur. La société n'a pas à attendre ad vitam aeternam qu'il se réveille", a-t-il déclaré.
Le ministère public a requis dix mois d'emprisonnement, un maintien en détention, et une interdiction de paraître dans le Gard durant trois ans.
La défense plaide la clémence
Me Euria Thomasian, avocate de la défense, a plaidé pour un sursis probatoire renforcé, décrivant son client comme "un jeune majeur tout juste sorti de la minorité qui se retrouve sans but, je dirais sans âme". Elle a évoqué des difficultés familiales et affirmé que "ce petit jeune de 18 ans se fait harponner par des personnes plus expérimentées et on va l'envoyer sur les points de deal. Et c'est lui qui va être pris, et qui va payer pour les autres."
L'avocate a demandé aux juges "de ne pas suivre le réquisitoire de Monsieur le procureur", d'écarter le mandat de dépôt, et de "ramener la peine à de plus justes proportions".
Une peine aménageable
Le tribunal a suivi les arguments de la défense. La peine prononcée est potentiellement aménageable puisque le mandat de dépôt n'a pas été ordonné. Le jeune majeur a été condamné à dix mois d'emprisonnement. Les six mois avec sursis simple délivrés à Marseille en juin ont été révoqués, portant la peine totale à un an de prison. Il est également interdit de séjour dans le Gard durant trois ans.



