Un couple anglais a perdu plus de 8 000 euros après avoir réservé son mariage au Château des Costes, au Castellet (Var), pour l'été 2027. Beth Sheperd, 28 ans, et son compagnon ont versé un acompte de 8 142 euros le 20 mai 2025 à la société Laetitia Bataillé Events, avant d'apprendre que cette dernière ne gérait plus le lieu. Une plainte pour escroquerie a été déposée le 2 juillet 2026, et un conflit oppose désormais anciens et nouveaux gestionnaires devant la justice.
Un rêve qui tourne au cauchemar
Le couple, tombé amoureux de la région, avait choisi le Château des Costes pour son cadre d'oliviers et de vignes. Après la visite au printemps 2025, ils versent l'acompte. Mais entre octobre et avril 2026, leurs mails aux gérants restent sans réponse. Un rendez-vous est finalement obtenu, mais deux jours avant, le 28 juin 2026, la responsable commerciale du château les informe sur Instagram : « À ce jour, nous n'avons reçu ni contrat à votre nom ni acompte. »
« Le vendredi, j'étais avec le traiteur et le dimanche, j'apprenais que le mariage n'existait plus. Je suis écœurée. Ça a été un désastre », témoigne Beth Sheperd. Le couple avait déjà réservé DJ, photographe et nourriture. « Il ne restait plus qu'aux invités de prendre leurs vols », ajoute-t-elle, précisant avoir réussi à se faire rembourser les avances versées aux prestataires.
Un conflit de gestion autour du château
Pascal Bataillé, actionnaire à 50 % de la société Laetitia Bataillé Events, explique : « Nous avions un contrat de gestion du Château des Costes avec option d'achat entre février 2024 et février 2026. Pendant l'exploitation, nous avons appris l'existence de nombreuses plaintes du voisinage pour nuisances. On s'est donc désisté de l'achat. » Après leur retrait, Laetitia Cinquini et lui auraient négocié avec le nouvel exploitant pour assurer la continuité des réservations. « Faute de temps, nous n'avons pas pu signer de contrat, mais des échanges écrits et verbaux sont allés en ce sens. En contrepartie de l'acompte, nous nous étions engagés à fournir le matériel, le mobilier et à assurer le ménage. La nouvelle gestion devait prendre le solde restant. Nous pensions que c'était clair. Mais le nouveau gérant a fait saisir nos comptes. On est malheureusement tout aussi victimes. Tant que le jugement n'est pas tombé, nous ne pouvons rembourser personne », témoigne-t-il.
De son côté, Nicolas Illic, propriétaire du château et dirigeant de la société d'exploitation, donne une autre version : « On a organisé des centaines de mariages qui se sont bien passés. Vers août 2025, Laetitia Cinquini et Pascal Bataillé ont arrêté de payer le loyer du château. J'ai donc fait saisir leurs comptes par un huissier autour de novembre/décembre à hauteur de 15 000 euros. À la fin de leur contrat de gestion, ayant décidé de ne plus acheter le château, ils en ont perdu l'exploitation. Ils ont disparu dans la nature en nous laissant des contrats qu'ils ne pouvaient honorer sans nous donner de copie. À ma connaissance, il y a six ou sept contrats dans ce cas (ndlr : dont ceux des Anglais). Ils auraient très bien pu rembourser l'ensemble des acomptes. »
Procédure judiciaire et prochaines étapes
Me Lucien, avocat de Laetitia Cinquini, précise : « Un contentieux est apparu avec la société propriétaire du fonds de commerce et la société propriétaire de l'immeuble. Une audience doit avoir lieu. » Une procédure de liquidation judiciaire a été ouverte par le tribunal de commerce de Toulon le 28 juillet 2026. L'avocat invite les clients ayant versé des acomptes à déclarer leur créance auprès du liquidateur avant le 7 octobre 2026.
Le jugement du 8 septembre déterminera si les 15 000 euros saisis reviennent à Nicolas Illic pour manquements sur le loyer. Par ailleurs, Laetitia Cinquini et Pascal Bataillé dirigent aussi le groupe Adonis Hôtels, dont le Golf Resort de Digne-les-Bains a été placé en redressement judiciaire fin juillet 2026. Pour le moment, le couple anglais a renoncé à son mariage pittoresque dans le Var et conservera une cérémonie légale à Londres au printemps prochain.



