Manifestation interdite à Nice : 2 500 personnes ont défilé sans heurts
Manifestation interdite à Nice : 2 500 personnes défilent

Malgré l'interdiction préfectorale, environ 2 500 personnes ont manifesté à Nice ce samedi 24 octobre 2026. Aucun commerce n'a été attaqué, mais des tensions ont éclaté en fin de cortège avec une centaine de militants d'ultradroite.

Le centre-ville de Nice était sous haute surveillance ce samedi 24 octobre 2026. Une semaine après les pillages et émeutes en marge de la manifestation contre la vie chère, les autorités avaient mobilisé 600 policiers nationaux et gendarmes dans les Alpes-Maritimes, dont 450 à Nice. Malgré ce dispositif, un rassemblement interdit a réuni jusqu'à 2 500 personnes dans les rues de la ville.

Un dispositif de sécurité massif

Dès le matin, le centre-ville de Nice se préparait au pire. Vitrines barricadées, commerces vidés, grilles baissées : la crainte d'un match retour pour les casseurs flottait dans les esprits. Le centre commercial Nicétoile, l'avenue Jean-Médecin et la piétonne Masséna étaient loin de faire le plein pour un week-end de vacances de la Toussaint. « Il y a plus de policiers que de passants », ironisait un Niçois à vélo devant le déploiement massif des forces de l'ordre.

Sur la place Masséna, le préfet Jean-Marie Girier a passé en revue les troupes à côté du véhicule blindé du Raid et de l'engin lanceur d'eau des CRS. Un dispositif de taille était également installé à Cannes et à Cap 3000, où la menace était prise très au sérieux. Au final, aucun incident n'a eu lieu sur ces deux secteurs, et certains observateurs ont même noté une fréquentation dense dans le centre commercial de Saint-Laurent-du-Var.

Un jeu du chat et de la souris

Ce déploiement n'a pas refroidi Fanny et Lou-Anne, venues de Grasse pour participer au rassemblement interdit. « On ne peut pas nous retirer le droit de se mobiliser. C'est un droit fondamental. On se sent dépossédés de notre message par les casseurs et politiques », ont-elles déclaré. Tout en condamnant les exactions de la semaine passée, elles ajoutent : « S'il y avait eu une réponse de l'État à nos revendications, cela n'aurait pas eu lieu. » Leur combat ? « Une société plus juste. »

À 14 h 18, les CRS se sont rapprochés du groupe rassemblé sur Masséna, demandant aux personnes de se disperser, sous les huées. Commence alors un jeu du chat et de la souris qui va durer près de quatre heures. Les manifestants sortent des pancartes, reculent vers la fontaine, puis empruntent un parcours labyrinthique : Promenade des Anglais, avenue de Suède, rue Maccarani… Tout est fait pour que la procession ne regagne pas l'avenue commerçante. « À gauche ! Demi-tour ! » Les participants se faufilent entre les lignes des unités pour finir par descendre Jean-Médecin et gagner Garibaldi et le port.

Des tensions en fin de cortège

Dans les rangs, l'ambiance se veut bon enfant. Lycéens, étudiants, retraités, actifs, militants de la première heure… « On est pacifistes, on a le droit de se faire entendre », scande une jeune fille, ravie de voir certains riverains applaudir le mouvement aux fenêtres et balcons. Parmi les sujets qui rassemblent le cortège : la vie chère, la lutte contre l'extrême droite, le combat contre l'islamophobie, la défense des droits et libertés.

Mais vers 16 h 30, les premières tensions arrivent. Postés près de Masséna, les policiers répondent à la progression des manifestants par du gaz lacrymogène, puis le canon à eau est utilisé. L'objectif : éviter qu'ils gagnent l'Hôtel de Ville de Nice. « Tout le monde a des revendications qui sont justes. Et l'État, au lieu de nous donner des réponses politiques, se contente de nous envoyer leurs chiens de garde », grince un jeune homme, foulard sur le nez, bras nus. Plus tard, il mène le cortège boulevard Jean-Jaurès, enjoint les manifestants à « lever les bras en l'air et avancer » sur les voies du tramway.

Si aucun commerce n'a été la cible d'une attaque liée à la manifestation interdite, la fin du rassemblement a néanmoins été marquée par plusieurs épisodes de violence. Une centaine de militants d'ultradroite ont attaqué des manifestants aux abords de l'Hôtel des Postes et de la rue Alberti.