Le samedi 24 octobre, à Nîmes, près de 600 personnes ont bravé l'interdiction préfectorale pour manifester contre la vie chère. Le cortège, parti des Jardins de la Fontaine, a parcouru la ville pendant plus de trois heures, avant d'être dispersé par les forces de l'ordre en fin d'après-midi. Selon la préfecture du Gard, douze personnes ont été interpellées et quatre placées en garde à vue.
Une manifestation autorisée puis interdite
Le rassemblement, d'abord autorisé, a été interdit par un arrêté pris la veille par la préfète du Gard. Malgré cette décision, environ 250 personnes se sont réunies dès 14 h 30 devant les grilles des Jardins de la Fontaine. Une participante, visiblement au fait des textes de droit, a exprimé son mécontentement : « Cette interdiction de dernière minute, c'était du délire ! Tout comme sa motivation d'ailleurs. Faire maintenant peser la sauvegarde de l'ordre public sur les organisateurs, c'est n'importe quoi ! Cette fonction, elle est régalienne, elle est financée par nos impôts et elle incombe, précisément, à l'État ! »
Trois amies venues de Vergèze ont fait le déplacement pour exprimer leur « ras-le-bol général ». Julie, 44 ans, a déclaré : « Quand les urnes ne sont pas entendues, que l'on ne peut plus manifester pacifiquement dans la rue, comment faire pour se faire entendre ? On est là car c'est important, pour nous, mais aussi pour l'avenir de nos enfants. »
Un cortège scindé en deux groupes
Vers 14 h 45, l'ancien candidat aux municipales Jean-Marc Philibert a fait observer une minute de silence en hommage aux victimes de l'attentat de Trappes. Les manifestants, initialement bloqués sur l'avenue Jean-Jaurès par un cordon de sécurité, ont d'abord accepté d'emprunter un itinéraire alternatif dans le centre-ville. Mais quinze minutes plus tard, après une tentative infructueuse de forcer le cordon policier, le cortège s'est scindé en deux groupes.
Le premier groupe, d'environ 200 personnes, s'est dissimulé dans les ruelles de l'hypercentre avant d'atteindre le boulevard Victor-Hugo, où la circulation automobile a été interrompue. Les manifestants ont entonné des slogans antifascistes, antipolice et antigouvernement devant des automobilistes contraints de faire demi-tour. Des véhicules de police ont tenté de prendre la tête du cortège, mais les manifestants se sont dispersés dans les ruelles à leur arrivée.
Blocage sur l'avenue Pompidou
Pendant ce temps, le deuxième groupe a pris la direction de l'avenue Pompidou, également interdite par l'arrêté préfectoral. Près de 200 personnes se sont retrouvées bloquées par un cordon de police à hauteur du lycée Albert-Camus. Après une première sommation de dispersion, quelques slogans antipoliciers ont été entendus, avant que le groupe ne rebrousse chemin pour rejoindre le premier rassemblement sur le boulevard Victor-Hugo.
Face aux forces de l'ordre postées devant les arènes, les participants se sont dirigés vers le cœur de l'Écusson. Selon la préfecture, ils étaient près de 600 personnes. Justine, une étudiante de 19 ans, était présente avec sa pancarte : « Il y a une convergence des luttes aujourd'hui. On est là pour plus de pouvoir d'achat, mais aussi contre la répression à l'encontre des manifestants. Et quand on pointe du doigt uniquement la casse, ce n'est pas une réponse acceptable. »
Dispersion sur le périphérique
Les réactions des riverains étaient contrastées : un habitant a jeté un seau d'eau sur le passage de la foule, mais de nombreux Nîmois ont témoigné leur soutien aux manifestants. L'itinéraire improvisé a mené le cortège jusqu'au boulevard du Général-Leclerc en fin de journée. Vers 17 heures, les participants étaient entre 400 et 500. Ils ont poursuivi leur chemin jusqu'au boulevard Salvador-Allende, en direction des 7 Collines, déplaçant au passage des barrières de chantier pour entraver la circulation.
Au croisement avec l'avenue de la Liberté, les forces de l'ordre ont stoppé l'avancée des manifestants par effet de surprise. Après une sommation de dispersion, des gaz lacrymogènes ont été envoyés à plusieurs reprises. Les participants se sont rapidement dispersés et quelques interpellations ont eu lieu. À partir de 17 h 30, les forces de l'ordre ont mis fin à l'avancée du cortège. Aux alentours de 18 heures, le périphérique était libéré et la circulation avait repris normalement.
Malgré cette dispersion finale, l'acte II de la mobilisation contre la vie chère s'est globalement déroulé sans heurt à Nîmes. Les manifestants se disent déjà prêts pour le prochain rendez-vous, fixé au 5 novembre prochain.