Incendie de la mairie de Limoges : le maire pointe l'ultragauche et le plateau de Millevaches
Mairie de Limoges : le maire accuse l'ultragauche et Millevaches

Le maire de Limoges, Guillaume Guérin (LR), a désigné l'ultragauche et le plateau de Millevaches comme responsables de l'incendie criminel de la mairie du 17 octobre, après l'interpellation de deux suspects. Le premier, un trentenaire, a été arrêté mardi, et le second, à Gentioux-Pigerolles (Creuse), jeudi. Le plateau de Millevaches, massif granitique entre Corrèze, Creuse et Haute-Vienne, compte environ 10 000 habitants sur 1 800 km².

Un bastion de l'alternative et des tensions

Historiquement bastion du communisme rural, le plateau est devenu depuis les années 1970 un « haut lieu des alternatives », comparable au Larzac et au Couserans, selon la géographe Nassima Hakimi-Pradels. Les initiatives et pratiques y sont « en décalage avec les normes dominantes ». L'historien Dominique Danthieux rapportait en 2023 que ces personnes « ne se reconnaissent pas dans le système capitaliste, ni dans la gauche classique », mais elles sont aussi en tension avec les habitants locaux.

En 2019, le Syndicat de la montagne limousine a été créé par des habitants pour « défendre et mettre en œuvre » leur vision du territoire, prônant la relocalisation des ressources ou un « droit d'asile local ». Ce syndicat nourrit des méfiances, accusé d'être un relais de l'ultragauche pour avoir appelé à des mobilisations contre les « bassines » des Deux-Sèvres.

L'affaire de Tarnac et les actions revendiquées

Le plateau a connu une entrée fracassante dans la chronique judiciaire en 2008 avec l'affaire de Tarnac, où des membres présumés de la « mouvance anarcho-autonome » ont été arrêtés pour le sabotage de lignes SNCF, avant d'être relaxés dix ans plus tard. Selon Dominique Danthieux, les militants radicaux sont « une toute petite minorité » parmi les alternatifs, « essentiellement des jeunes ».

Dans la région, des actions ont été revendiquées, comme l'incendie de véhicules Enedis à Limoges en 2020 et celui d'une antenne-relais en Haute-Vienne en 2021. En avril, la justice a condamné un septuagénaire de Bussière-Boffy (Haute-Vienne), connu pour ses liens avec le milieu anarchiste et comme autonomiste basque dans les années 1980, d'après Le Monde. Le trentenaire arrêté mardi est son fils. D'autres incidents incluent la dégradation d'engins forestiers en 2021 dans la Creuse et l'étêtage de 300 jeunes pins Douglas en 2022 en Corrèze.

Réactions et défense du plateau

Jeudi, le Syndicat de la montagne limousine a déclaré sur son site avoir été présent à Limoges lors du « réveil salutaire » du 17 octobre, défendant le plateau de Millevaches comme « une terre d'accueil, de solidarité, de résistance ». L'enquête se poursuit avec deux suspects interpellés, tandis que les tensions persistent autour de cette zone rurale.