Le tribunal correctionnel d'Angers a condamné ce jeudi 16 juillet 2026 le maire d'une commune du Maine-et-Loire à 18 mois de prison avec sursis pour détention d'images pédopornographiques. L'élu, âgé de 52 ans, a également été interdit d'exercer toute fonction publique pendant une durée de cinq ans. Il devra en outre s'inscrire au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS).
Les faits remontent à 2023
Les faits reprochés au maire ont été découverts en novembre 2023 lors d'une enquête de la brigade de recherches de la gendarmerie de Saumur. Les enquêteurs avaient été alertés par un signalement de la plateforme Pharos, qui permet de signaler des contenus illicites sur internet. Les investigations ont permis de remonter jusqu'au domicile de l'élu, où les gendarmes ont saisi plusieurs supports numériques contenant des images et vidéos à caractère pédopornographique.
Lors de l'audience, le maire a reconnu les faits, expliquant avoir téléchargé ces images par "curiosité malsaine" et assurant n'avoir jamais partagé ces contenus. Il a exprimé des regrets et a présenté ses excuses à la communauté éducative et à la population de sa commune. Son avocat a plaidé pour une peine clémente, soulignant que son client avait déjà entamé un suivi psychologique.
Une peine sévère pour un élu
Le procureur de la République avait requis 18 mois de prison avec sursis et une interdiction d'exercer toute fonction publique pendant cinq ans, estimant que les faits étaient "particulièrement graves" pour un élu local. Le tribunal a suivi ces réquisitions, ajoutant l'obligation de soins et l'inscription au FIJAIS. L'élu, qui n'avait aucun antécédent judiciaire, a également été condamné à verser 1 500 euros de dommages et intérêts à une association de protection de l'enfance.
Cette affaire a suscité une vive émotion dans la commune de 3 500 habitants, où le maire était en poste depuis 2020. Le conseil municipal doit se réunir prochainement pour désigner un successeur ou organiser des élections anticipées. La préfecture du Maine-et-Loire a indiqué suivre la situation de près.
Réactions et conséquences
Le parquet d'Angers a salué une décision "ferme et proportionnée" qui envoie un signal fort contre la détention de contenus pédopornographiques, en particulier lorsqu'elle concerne des élus. De son côté, l'association "Les Enfants d'Abord", partie civile dans ce dossier, s'est dite satisfaite de la condamnation, rappelant que "chaque image visionnée correspond à un enfant victime".
Le maire condamné a annoncé qu'il ne ferait pas appel de la décision. Il a également présenté sa démission de son mandat de conseiller municipal, effective immédiatement. Cette affaire pourrait avoir des répercussions sur la vie politique locale, alors que des élections municipales partielles devraient être organisées dans les prochains mois.



