Un rapport parlementaire publié ce lundi épingle sévèrement l'action du gouvernement dans la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Les députés dénoncent un manque de coordination, des mesures insuffisantes et un plan d'action jugé trop timide face à l'ampleur du phénomène.
Un plan d'action jugé insuffisant
Le rapport, rédigé par la mission d'information sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, estime que le plan d'action gouvernemental présenté en janvier 2025 ne répond pas aux attentes. Selon les auteurs, seules 12 des 40 mesures prévues ont été mises en œuvre, soit un taux de réalisation de seulement 30 %. « On ne peut pas lutter contre un fléau avec des demi-mesures », a déclaré la rapporteure, députée LFI, lors de la présentation.
Un manque de coordination pointé du doigt
Les parlementaires soulignent également un défaut de coordination entre les différents ministères impliqués. Ils notent que la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) manque de moyens humains et financiers. « Le gouvernement doit donner les moyens à ses structures de fonctionner correctement », insiste le rapport.
En 2025, les actes racistes et antisémites ont augmenté de 15 % par rapport à l'année précédente, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Les députés estiment que cette hausse justifie une réponse plus ferme et mieux orchestrée.
Des recommandations pour renforcer l'action
Le rapport formule 25 recommandations pour améliorer la lutte contre ces discriminations. Parmi elles, la création d'un observatoire indépendant, le renforcement de la formation des forces de l'ordre et l'instauration d'un délit de provocation à la haine raciale en ligne. « Il est temps de passer de la parole aux actes », a conclu la rapporteure.



