Une semaine après les séismes qui ont frappé Caracas, la colère et le traumatisme dominent toujours dans la capitale vénézuélienne. Au moins 120 personnes ont perdu la vie et des milliers d'autres sont sinistrées, selon un bilan provisoire des autorités. Les rescapés, livrés à eux-mêmes, dénoncent l'absence de soutien de l'État.
Des quartiers entiers rasés
Dans le quartier populaire de Petare, l'un des plus touchés, des immeubles se sont effondrés comme des châteaux de cartes. « Il ne reste que des cadavres à Caracas », témoigne Maria, une habitante de 52 ans, les yeux encore rouges. « On creuse dans les décombres avec nos mains, sans aide. » Les secours officiels sont quasi inexistants, et les familles fouillent seules les ruines.
Un gouvernement accusé d'inaction
Le président Nicolás Maduro a promis une aide d'urgence, mais sur le terrain, rien n'arrive. « Les camions de nourriture et d'eau ne sont jamais venus », dénonce Carlos, un enseignant de 34 ans. Selon l'ONG Observatorio Venezolano de Conflictividad, seulement 10 % des promesses d'aide ont été tenues. La population accuse le gouvernement de corruption et de négligence.
Des hôpitaux débordés
Les hôpitaux de Caracas, déjà en crise chronique, sont submergés. « Nous manquons de matériel chirurgical et de médicaments », explique le docteur Luis Hernández, médecin urgentiste à l'hôpital Pérez Carreño. « Nous opérons sans anesthésie dans certains cas. » Au moins 300 blessés graves ont été recensés, mais le nombre réel pourrait être bien plus élevé.
La peur des répliques
Les répliques sismiques continuent de secouer la région, semant la panique. « On n'ose plus dormir chez nous », confie Ana, une mère de trois enfants. « Chaque secousse nous rappelle que la terre peut s'ouvrir à nouveau. » Les experts de l'Institut sismologique vénézuélien prévoient des répliques pendant encore plusieurs semaines.
Une solidarité citoyenne fragile
Face à l'absence de l'État, des réseaux de solidarité se sont organisés. Des bénévoles distribuent de la nourriture et de l'eau, mais les ressources s'épuisent. « Nous faisons ce que nous pouvons, mais nous avons besoin de l'aide internationale », lance Pedro, coordinateur d'un groupe de quartier. L'ONU a proposé une aide, mais le gouvernement vénézuélien tarde à l'accepter.
Un traumatisme durable
Les psychologues alertent sur les conséquences à long terme. « Des centaines de personnes souffrent de stress post-traumatique », indique le docteur Sofia Méndez, psychologue clinicienne. « Les enfants sont particulièrement vulnérables. » Des cliniques mobiles ont été mises en place par des ONG, mais elles sont insuffisantes.
Une semaine après la catastrophe, Caracas est une ville meurtrie. La colère gronde contre un pouvoir jugé défaillant, et la reconstruction s'annonce longue et difficile. Les habitants réclament des comptes et une véritable aide humanitaire.



