Incendie mairie de Limoges : le maire accuse l'État d'abandon
Limoges : le maire accuse l'État d'abandon après l'incendie

Au lendemain de l'incendie volontaire de la mairie de Limoges, survenu samedi lors de la mobilisation du 17 octobre, le maire de la ville, Guillaume Guérin (LR), a accusé l'État d'avoir abandonné les forces de l'ordre face aux casseurs. Selon lui, les policiers nationaux ont dû reculer faute de munitions, laissant le champ libre aux émeutiers.

Une manifestation de 5 000 personnes, dont des individus « radicalisés »

Environ 5 000 personnes, dont plusieurs centaines d'individus « radicalisés et extrêmement violents » selon les autorités, ont participé à la manifestation samedi. De premiers heurts ont opposé ces derniers aux forces de l'ordre aux abords de l'autoroute, avant de se déplacer en ville. Le maire a évoqué « une extrême gauche [qui] a infiltré environ 700 individus. Cagoulés, surentraînés, armés. Mieux équipés que certains policiers nationaux, et là pour tuer des flics ».

« La police républicaine a reculé dans ce pays. En 2026, à Limoges, comme dans d'autres villes de France hier soir », a déclaré Guillaume Guérin à la presse devant les décombres de l'édifice. Il a insisté : « La police nationale a manqué de moyens. Les renseignements territoriaux vous le disent, la police nationale vous le dit, la préfecture vous le dit ».

« La police a reculé et ce qui était prévisible s'est produit »

S'ils sont arrivés devant l'hôtel de ville, c'est « parce que la police nationale qui les contenait sur les boulevards, à 15 h 30, n'avait plus de munitions (des grenades de désencerclement, NDLR). Je cite », a précisé Guillaume Guérin, élu en mars à la tête de la ville. Le clocher de la mairie s'est effondré dans l'incendie.

« Donc la police a reculé et ce qui était prévisible s'est produit. Une partie du cortège s'est disloquée, les manifestants pacifiques sont tranquillement partis et ceux qui étaient là pour casser et détruire sont venus en partie devant l'hôtel de ville, amenant avec eux un certain nombre d'abrutis. Jeunes. Je ne sais pas s'ils ont conscience de ce qu'ils font ceux-là », a fustigé le maire.

Des menaces de mort et un appel à l'État

Guillaume Guérin a également relaté les menaces proférées lors de l'intrusion dans la mairie : « Lorsqu'ils sont rentrés dans la mairie, ils ont dit aux gardiens de la loge, qui gagnent 1 500 euros par mois, on va te crever. Ils ont dit aux élus qui étaient présents, on va tous vous tuer ».

Le maire réclame au gouvernement « un plan particulier pour Limoges » et « une pluie de millions sur la ville ». Il a déclaré : « Je l'ai dit au Premier ministre. Beaucoup de villes ont été saccagées […] Mais à Limoges, la mairie a brûlé ». « L'État a abandonné ses policiers nationaux face à des hordes de sauvages. Donc, j'attends de l'État qu'il comprenne », a-t-il conclu, lui qui préside aussi la métropole limousine.