Pour la première fois, Leyla Doriane accepte de revenir publiquement sur l'épisode traumatique qu'elle a vécu lorsqu'elle avait posé sa voix sur « Au Café des délices ». L'artiste affirme avoir subi une agression sexuelle de la part de Patrick Bruel en 1999, mais pas seulement : « J'ai vécu des représailles silencieuses parce que je ne me suis pas laissée faire », déclare-t-elle dans un long témoignage accordé à ELLE.
Une jeune artiste prometteuse au moment des faits
À l'époque, Leyla Doriane est une jeune chanteuse en plein lancement. Repérée par le label BMG après plusieurs expériences musicales, elle bénéficie d'un contrat d'artiste en développement et apparaît comme l'un des nouveaux talents sur lesquels la maison de disques souhaite miser. C'est dans ce contexte qu'elle rencontre Patrick Bruel, alors tête d'affiche du label. « C'était lors des Victoires de la musique, se rappelle-t-elle. […] Je me souviens de notre échange. "Tu es Berbère, m'a-t-il demandé, comme moi ?" Je lui ai répondu : "Oui, mais on n'est pas de la même tribu !" Ça l'a fait rire. »
Quelques jours après cet épisode, le chanteur lui propose de participer à l'enregistrement de « Au Café des délices », futur succès de son album Juste avant : « C'était un moment magique. Tout était fluide, respectueux », raconte aujourd'hui Leyla Doriane à propos de la séance d'enregistrement.
Un rendez-vous qui aurait basculé
Selon son récit, Patrick Bruel lui propose ensuite de venir chez lui afin de discuter d'éventuelles chansons qu'il pourrait écrire pour elle. La chanteuse affirme que l'atmosphère change progressivement au cours de la rencontre. Elle explique avoir eu le sentiment que l'échange professionnel se transformait en tentative de séduction.
Toujours selon son témoignage, Patrick Bruel aurait quitté la pièce avant de revenir vêtu d'un simple slip rouge : « Je suis choquée, mal à l'aise, je lui dis que je ne suis pas du tout intéressée », affirme Leyla Doriane. Elle affirme lui avoir immédiatement signifié son absence d'intérêt. La chanteuse accuse ensuite le chanteur de s'être imposé physiquement malgré ses refus répétés.
« Alors que je le repoussais, il m'a lancé une phrase restée gravée dans ma mémoire : "Tu sais le nombre de nanas qui rêveraient d'être à ta place !" Je lui ai répondu que s'il ne me laissait pas tranquille, j'en parlerais à Hervé (Hervé Lasseigne, directeur de BMG N.D.L.R.). Ça lui a fait l'effet d'une gifle. Il s'est arrêté, et m'a sèchement dit de partir. »
Un effet « punition » après son refus
Quelques jours plus tard, la jeune chanteuse reçoit un courrier signé de 14 Productions, la société de Patrick Bruel : « Nous vous remercions d'avoir eu la gentillesse de poser votre voix, en tant que choriste, sur la chanson "Au Café des délices". Vous nous avez indiqué que vous acceptiez d'effectuer cette prestation, et d'en consentir les droits de reproduction et de représentation à titre gracieux », est-il écrit sur ce document que nous avons pu consulter. Leyla reste sans voix : « À ce moment-là, j'hallucine complètement », se souvient-elle pour le média.
La chanteuse affirme également avoir participé à plusieurs concerts de Patrick Bruel sans bénéficier, selon elle, des mêmes conditions que les autres artistes présents. Pour Leyla Doriane, ces différents épisodes constituent des « représailles silencieuses » liées à son refus des avances du chanteur.
Sollicités par ELLE, les avocats de Patrick Bruel contestent les accusations portées contre leur client : « Patrick Bruel répondra de l'accusation que vous relayez, et qu'il conteste, dans le seul cadre pertinent et adapté : la justice si elle est saisie de ces faits », ont-ils indiqué au magazine. Concernant la collaboration entre les deux artistes, ils estiment que les reproches formulés sont « en décalage complet avec la réalité », soulignant que Leyla Doriane avait été remerciée sur la pochette du disque et invitée à se produire sur scène aux côtés du chanteur. Dans son entretien, l'artiste explique avoir gardé le silence pendant plus de deux décennies par peur des conséquences et en raison du rapport de force qu'elle percevait à l'époque : « Il était trop puissant, ça ne servait à rien », affirme-t-elle aujourd'hui. Aucune procédure judiciaire n'est actuellement engagée à la suite de ces accusations.



