La brigade équestre de la police municipale de Nice, forte de sept chevaux et treize agents, patrouille sept jours sur sept, y compris pour assurer la sécurité des soirées festives durant l'été. Le maire de Nice, Éric Ciotti, a visité ses locaux le jeudi 13 août 2026 et a salué son utilité quotidienne.
Une brigade créée en 2010, déployée en renfort estival
Cette escouade a été créée en 2010 par Sébastien Pérignat, ancien de la Garde républicaine, qui encadre aujourd'hui douze agents. Les sept chevaux sont entraînés à faire face à toutes les situations, même les plus stressantes, comme en témoigne Jimmy, un cheval resté impassible face à une personne agressive.
« Cette brigade fait preuve de sa grande utilité au quotidien, se félicite Éric Ciotti. Elle constitue un facteur de sécurisation important et est déployée en période estivale en renfort de la brigade festive en cœur de ville. La présence des animaux calme des tensions et facilite le contact avec le public. Chaque année, les équipages réalisent près de 6 000 verbalisations par an. Les agents sont armés comme l'ensemble des policiers municipaux et ont toute aptitude à intervenir. »
Un contact facilité et une visibilité accrue
Les cavaliers constatent une différence notable lorsqu'ils patrouillent à cheval. « L'accueil est tout à fait différent, note Sébastien Pérignat. Par exemple, aux Moulins, la population est ravie de nous voir. Le contact est beaucoup plus facile. Il y a presque un respect supérieur à celui de l'uniforme. »
La visibilité est un atout concret : « Les gens nous voient de loin. D'une part, cela peut dissuader ou stopper la commission d'un fait, d'autre part, les personnes nous voient et peuvent nous alerter s'ils ont un problème. C'est arrivé récemment sur la promenade des Anglais. Quelqu'un a fait un malaise, comme un équipage était à 200 mètres, l'entourage l'a immédiatement appelé, l'agent a pu lui porter secours. »
Durant l'été, les animaux sortent chaque jour, mais le planning est adapté : ils patrouillent le matin et en soirée, et restent au paddock l'après-midi. « Ils supportent plutôt bien la chaleur, affirme le chef de la brigade. Bien sûr, ils boivent beaucoup plus en cette période mais ne souffrent pas spécialement. »
Des locaux modernes et un projet d'intelligence artificielle
La brigade dispose de locaux inaugurés en 2023, derrière le club hippique. Ils comprennent dix box de 4x3 mètres avec deux ouvertures, dont trois servent au stockage. Les chevaux n'y sont que la nuit, car la journée ils restent en extérieur. Une grande salle de soin permet de les doucher ou de les confier à un dentiste ou un ostéopathe.
Les agents disposent de vestiaires et d'une salle de travail équipée d'un écran de contrôle diffusant les images des caméras de chaque box. « Nous avons pour projet de développer un algorithme avec l'intelligence artificielle qui pourrait déceler un problème par le biais du comportement du cheval. Cela pourrait alerter plus rapidement le soigneur », précise Sébastien Pérignat.
Côté matériel, les selles sont conçues par un sellier français, avec une poche aimantée pour transporter une pelle et ramasser le crottin. « Et pour le clin d'œil, elle présente un liseré bleu qui rappelle celui du pantalon de notre uniforme », ajoute-t-il.
Des chevaux placides et des cavaliers expérimentés
Les sept chevaux sont particulièrement placides et confiants. « Ils sont habitués aux bruits, aux klaxons, aux cris, etc., confirment deux policières municipales, Laurie et Victoria. Les deux plus jeunes ont quatre ans et sont de race Franches-Montagnes, connue pour être calme. Une fois, l'un d'eux, sur l'avenue Jean-Médecin, a glissé sur le rail du tram et est tombé. Il s'est relevé comme si de rien n'était. »
Les montures suivent des entraînements quotidiens. « Finalement, même en patrouille, ils continuent à apprendre, remarque Sébastien Pérignat. Nous ne les désensibilisons pas, nous les habituons à tous les stimuli externes. » À la retraite, vers 20-21 ans, les chevaux sont confiés à des particuliers contre bons soins, et la brigade maintient le contact avec les familles d'accueil.
Les treize policiers municipaux sont tous d'excellents cavaliers, titulaires du Galop 7, le dernier niveau des brevets de la Fédération française d'équitation. Certains, dont Sébastien Pérignat, ont même celui de moniteur. « Chacun a également reçu une formation adaptée à l'exercice professionnel », complète-t-il. Les entraînements incluent des mises en situation, comme lors d'une démonstration où un équipage a forcé un individu agressif à se diriger vers un endroit pour le maîtriser en attendant une voiture de renfort. Les bêtes n'ont montré aucune perturbation face aux hurlements, gestes brusques ou sirènes.



