L'auteur de La Marseillaise a failli être guillotiné
L'auteur de La Marseillaise a failli être guillotiné

Claude Joseph Rouget de Lisle, officier et poète français né en 1760, est mondialement connu pour avoir composé en 1792 le chant de guerre pour l'armée du Rhin, qui deviendra plus tard l'hymne national français, La Marseillaise. Pourtant, peu de gens savent que l'auteur de ce chant patriotique a failli être exécuté sous la Terreur, quelques années seulement après avoir écrit ce qui allait devenir le symbole de la Révolution française.

Un parcours sous la Révolution

En avril 1792, alors que la France est en guerre contre l'Autriche, le maire de Strasbourg, baron de Dietrich, demande à Rouget de Lisle, alors capitaine du génie en garnison dans la ville, d'écrire un chant pour galvaniser les troupes. En une nuit, Rouget de Lisle compose les paroles et la musique du « Chant de guerre pour l'armée du Rhin ». Le chant est rapidement adopté par les fédérés marseillais qui le popularisent sous le nom de « La Marseillaise ».

Malgré ce succès, la carrière militaire de Rouget de Lisle stagne. Il est destitué de son grade en 1793 pour avoir critiqué ses supérieurs et pour son manque de zèle révolutionnaire. Il est emprisonné à plusieurs reprises, notamment en 1794, au plus fort de la Terreur.

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La menace de la guillotine

En 1794, Rouget de Lisle est incarcéré à la prison de Saint-Germain-en-Laye. Il est accusé de modérantisme et de royalisme, des charges graves sous le régime de Robespierre. Selon des historiens, il aurait été inscrit sur la liste des personnes devant être exécutées. Un document d'archives, cité par l'historien Michel Vovelle dans son ouvrage « La Révolution française », indique que Rouget de Lisle devait être guillotiné le 9 thermidor an II (27 juillet 1794).

Cependant, le 9 thermidor marque justement la chute de Robespierre et la fin de la Terreur. L'exécution de Rouget de Lisle est annulée dans la confusion. Il est libéré quelques jours plus tard. Ainsi, le destin de l'auteur de La Marseillaise bascule au même moment que celui de la Révolution elle-même.

Un destin posthume

Après sa libération, Rouget de Lisle mène une vie discrète. Il meurt en 1836 à Choisy-le-Roi, dans l'indifférence quasi générale. Ce n'est qu'en 1879, sous la Troisième République, que La Marseillaise est officiellement adoptée comme hymne national français. Le nom de Rouget de Lisle est alors réhabilité et sa dépouille est transférée aux Invalides en 1915.

Aujourd'hui, l'histoire de cet homme qui a failli périr sous la lame qu'il avait contribué à exalter dans son chant est un exemple frappant des paradoxes de la Révolution française. Comme le souligne l'historien Jean-Clément Martin dans « La Terreur, vérités et légendes », « Rouget de Lisle a échappé de justesse à la mort, mais son œuvre est devenue immortelle. »

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