Delphine Batho, ancienne ministre de l'Écologie sous François Hollande et actuelle présidente du mouvement Génération Écologie, a annoncé ce lundi 11 juillet sa candidature à l'élection présidentielle de 2027. Dans un entretien accordé à Libération, elle déclare : « Face au réchauffement climatique, notre projet ne doit pas être juste de survivre, mais de vivre. »
Une candidature écologiste radicale
Batho, qui avait déjà été candidate à la primaire écologiste en 2021, se positionne comme la voix d'une écologie politique « exigeante et radicale ». Elle critique les compromissions des partis de gouvernement et estime que la question climatique doit être le « pilier central » de la prochaine présidentielle. Selon elle, les mesures actuelles sont insuffisantes : « Nous sommes dans une urgence absolue. Les rapports du Giec se succèdent, mais les actes politiques ne suivent pas. »
Son programme prévoit une sortie rapide des énergies fossiles, un plan massif d'investissement dans les énergies renouvelables et la rénovation thermique des bâtiments, ainsi qu'une réforme de la fiscalité écologique. Elle propose également la création d'un « service public de l'énergie » pour garantir l'accès à une énergie propre et abordable.
Un appel à l'union des écologistes
Delphine Batho appelle à l'union de toutes les forces écologistes, y compris Europe Écologie Les Verts (EELV) et les mouvements citoyens. Elle souhaite éviter les divisions qui ont affaibli la candidature de Yannick Jadot en 2022, qui avait obtenu 4,6 % des voix. « Il ne s'agit pas de rassemblement pour le confort, mais pour l'efficacité. Nous devons être capables de dépasser nos querelles d'appareil », insiste-t-elle.
Son annonce intervient alors que le climat politique est marqué par la montée des extrêmes et une défiance croissante envers les institutions. Batho estime que l'écologie peut offrir une alternative crédible à la fois au macronisme et au populisme. « Nous ne pouvons pas laisser le champ libre à ceux qui nient la crise climatique ou qui proposent des solutions technocratiques. »
Un parcours politique marqué par l'écologie
Ancienne ministre de l'Écologie en 2012-2013, Batho avait démissionné du gouvernement Ayrault après un désaccord budgétaire sur son ministère. Elle a depuis incarné une ligne écologiste intransigeante, souvent critique vis-à-vis de la gauche de gouvernement. En 2018, elle avait rejoint Génération Écologie, un parti fondé par Jean-Baptiste de Foucauld, avant d'en prendre la présidence.
Sa candidature est la première déclarée pour 2027, mais d'autres figures écologistes pourraient se lancer. L'ancienne députée européenne Sandrine Rousseau a également laissé entendre qu'elle pourrait être candidate. Batho espère que sa candidature permettra de « structurer le débat » autour de l'urgence climatique.
Un défi électoral de taille
Pour être présente au premier tour, Batho devra obtenir 500 parrainages d'élus. Elle reconnaît que la tâche est difficile, mais se dit confiante : « Je connais le terrain, je sais que de nombreux maires et conseillers départementaux sont sensibles à l'écologie. Nous allons les convaincre un par un. »
Elle mise également sur les réseaux sociaux et les mobilisations citoyennes pour faire connaître sa candidature. Un site de campagne a été lancé, et une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 15 000 signatures en quelques heures.
Réactions politiques
Les réactions ne se sont pas fait attendre. EELV a salué une « candidature qui contribue à la dynamique écologiste », tout en rappelant que le parti organisera ses propres primaires. À gauche, La France insoumise a estimé que « l'écologie ne se résume pas à une candidature individuelle », tandis que le Parti socialiste a ironisé sur « une énième candidature qui divise la gauche écologiste ».
Du côté de la majorité, le porte-parole du gouvernement a déclaré que « l'écologie est une priorité, mais elle doit être pragmatique et non punitive ». Batho a répondu en accusant le gouvernement de « greenwashing » et d'inaction climatique.



