Le coût des ruptures conventionnelles de six cadres du comité d'organisation des Jeux olympiques d'hiver 2030 (Cojop) s'élève à 320 000 euros, a révélé mardi le député Maxime Michelet lors d'une audition à l'Assemblée nationale. Le rapporteur pour avis de la commission des affaires culturelles a dénoncé des indemnités moyennes de 53 000 euros par salarié, jugées « anormalement généreuses ».
Un coût moyen de 53 000 euros par cadre démissionnaire
Maxime Michelet, rapporteur pour avis de la commission des affaires culturelles, a présenté ces chiffres lors d'une audition de la ministre des Sports Marina Ferrari sur le projet de loi de finances 2027. Selon lui, entre décembre 2025 et juillet 2026, le Cojop a conclu six ruptures conventionnelles avec des salariés de haut rang, présentant une ancienneté moyenne inférieure à un an.
« Le montant cumulé de ces six ruptures conventionnelles s'élève à 320 000 euros. En moyenne, chacun de ces salariés a perçu une indemnité de 53 000 euros. En rapportant ce montant à l'ancienneté, chacun de ces six salariés a perçu en moyenne une indemnité de rupture conventionnelle égale à 4 900 euros par mois travaillés », a détaillé le député.
Une crise de gouvernance marquée par des démissions en série
Cette crise de gouvernance a entraîné le départ de plusieurs cadres, dont le numéro 2 Cyril Linette, la directrice des opérations Anne Murac et le directeur de la communication Arthur Richer. Le président Edgar Grospiron, qui ne bénéficiait pas du statut de salarié, a démissionné en septembre dernier.
Le député a jugé que « ces montants sont anormalement généreux » et que « ce type de dépenses me renforce dans la conviction qu'une commission d'enquête doit être constituée pour examiner de manière approfondie la gestion du Cojop ». Interrogé par l'AFP, le comité d'organisation d'Alpes 2030 a répondu que « les ruptures conventionnelles font partie de la vie d'une organisation », précisant que le Cojop a provisionné une enveloppe sur le sujet et ne communique pas sur les montants.
80 missions de conseil pour 1,6 million d'euros
Maxime Michelet a également épinglé le recours du Cojop aux cabinets de conseil, soit « 80 missions pour un montant de 1,6 million d'euros » depuis février 2025. Le Cojop justifie ce recours par « le calendrier contraint de sa mise en place » et « le décalage de certains recrutements », qui ont rendu nécessaire la réalisation d'études externes pour lancer sans délai les chantiers prioritaires.
La ministre des Sports Marina Ferrari a répondu que « l'année dernière, l'État avait décidé une inspection générale » au sein du Cojop, permettant de « diligenter une nouvelle mission pour réorganiser le Cojop, dite mission Thobois, qui nous a aidés à mettre en place un nouveau schéma de gouvernance et d'organisation du Cojop ». Elle a ajouté : « Nous ne sommes pas restés sans rien faire, puisque nous avons constaté certains dysfonctionnements. Je tiens à le dire, il n'y avait rien de pénalement répréhensible. Nous avons mis fin à certains contrats effectivement au sein de la gouvernance. »
La demande de commission d'enquête formulée par le député reste ouverte, alors que la gestion du Cojop continue de susciter des interrogations parlementaires.