Le chef cuisinier Jean Imbert, révélé par sa victoire dans l'émission Top Chef, a été placé sous le statut de témoin assisté dans une enquête pour violences conjugales, a appris l'AFP jeudi 5 août 2026, confirmant une information de BFMTV. Ce statut, intermédiaire entre celui de simple témoin et de mis en examen, lui permet d'être entendu par un juge d'instruction sans être poursuivi à ce stade.
Une procédure ouverte après une plainte
L'enquête a été ouverte après une plainte déposée par une femme, dont l'identité n'a pas été révélée. Selon une source proche du dossier, les faits auraient été signalés aux autorités, déclenchant une investigation confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne. Le parquet de Paris a confirmé l'ouverture d'une enquête préliminaire, sans toutefois commenter le statut du chef.
Jean Imbert, une figure de la gastronomie française
Jean Imbert, 43 ans, est une figure montante de la gastronomie française. Vainqueur de la saison 3 de Top Chef en 2012, il s'est fait connaître par sa cuisine créative et son engagement pour une alimentation durable. Il a ouvert plusieurs restaurants à Paris, dont le célèbre « Jean Imbert au Plaza Athénée », et a également œuvré dans le domaine humanitaire avec l'association « Le Chaînon Manquant ». Cette affaire pourrait néanmoins entacher sa réputation et avoir des répercussions sur ses activités professionnelles.
Un statut qui laisse planer des incertitudes
Le statut de témoin assisté est une mesure intermédiaire : il ne s'agit pas d'une mise en examen, mais il implique que des indices concordants pèsent sur la personne. Selon Me Marie-Alix Canu-Bernard, avocate pénaliste, « ce statut permet à la personne de bénéficier de la présence d'un avocat lors des interrogatoires et de consulter le dossier, mais il ne présume pas de sa culpabilité ». L'enquête se poursuit, et le parquet devra décider de la suite à donner : soit un classement sans suite, soit une mise en examen, soit un renvoi devant le tribunal correctionnel.
Les réactions dans le milieu de la gastronomie
Dans le milieu de la gastronomie, l'annonce a suscité une onde de choc. Plusieurs confrères ont exprimé leur soutien à Jean Imbert, tout en rappelant l'importance de la présomption d'innocence. « Jean est un grand chef, mais nous devons laisser la justice faire son travail », a déclaré un chef étoilé ayant requis l'anonymat. D'autres, en revanche, ont souligné la nécessité de prendre au sérieux les accusations de violences conjugales, rappelant les campagnes de sensibilisation récentes dans le secteur.
Une affaire qui relance le débat sur les violences conjugales
Cette affaire intervient dans un contexte de prise de conscience accrue des violences faites aux femmes en France. Selon le ministère de l'Intérieur, 271 000 victimes de violences conjugales ont été enregistrées en 2025, soit une hausse de 10 % par rapport à l'année précédente. Les associations féministes appellent à une vigilance accrue, même lorsque les personnalités publiques sont impliquées. « Personne n'est au-dessus des lois, et les personnalités médiatiques doivent montrer l'exemple », a déclaré une porte-parole de la Fondation des Femmes.
La suite de la procédure
Jean Imbert, qui n'a pas fait de déclaration publique pour l'instant, devra répondre aux convocations du juge d'instruction. Son avocat, Me Antoine Vey, a indiqué que son client « conteste formellement les faits » et que « ce statut de témoin assisté démontre que les charges ne sont pas suffisantes pour une mise en examen ». L'enquête se poursuit, et la décision finale appartient à la justice.



