Jean Favas, 100 ans : « Nous allions être fusillés » – Son incroyable récit
Jean Favas, 100 ans : son incroyable récit de guerre

« Nous allions être fusillés » : ce 18 juin, Jean Favas a 100 ans. S’il se déplace en fauteuil électrique, Jean Favas vit chez lui, autonome. Né le 18 juin 1926, il réside dans sa maison rue Joseph-d’Arbaud à Boisseron (Hérault). Ce jeudi 18 juin, il célèbre son centième anniversaire.

Un enfant de Sommières

Né à Sommières, Jean Favas a connu une enfance normale. Fils de viticulteur, il arrive avec ses parents et son frère André à Boisseron en 1943. Mais l’année suivante, un épisode terrible marque sa vie.

Le 26 août 1944 : le récit poignant

« Le 26 août, je suis allé à vélo à Sommières et un ami m’interpelle pour me dire qu’il fallait vite se mettre à l’abri car les Allemands occupaient la ville. Nous nous retrouvons alors dans une cour et nous entendions le bruit de la mitrailleuse non loin de nous. Cinq Allemands nous trouvent et nous préviennent de ne rien tenter sous peine d’être fusillés. À pied, nous traversons la ville et l’officier nous ordonna alors de nous placer dans un fossé. Terrorisés, nous déchiffrons que nous allions être fusillés. C’est alors que, mis en joue, un miracle s’est produit quand une voiture allemande passa, accrocha et écrasa le vélo de l’officier. La dispute entre les deux Allemands fut salutaire car le conducteur nous a fait signe de partir et de courir très vite. Ce fait est gravé en moi depuis toujours », raconte avec émotion Jean.

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Après la guerre : une vie de famille et de labeur

La guerre terminée, Jean Favas se marie en 1950 avec Andrée. Le couple a trois enfants : Corinne, Daniel et Michel. Aujourd’hui, Jean compte quatre petits-enfants et quatre arrière-petits-enfants.

C’est également en 1950 qu’il se rend à Montpellier lors de la grande exposition. « Viticulteur toute ma vie, j’y ai acheté mon premier tracteur pour remplacer le cheval. »

La passion des abeilles

Jean a aussi eu une grande passion pour les abeilles, née d’une ruche vide gagnée lors d’un concours. « J’en ai eu à un moment près de trente et aujourd’hui, il ne m’en reste que trois. Ce qui m’attriste, c’est que les abeilles ont peur des frelons, elles ne vont donc pas travailler et lorsqu’elles sortent, ce sont les cétoines qui les empêchent de rentrer. »

Une vie active et connectée

Aujourd’hui, Jean se déplace avec son fauteuil électrique et va même une fois par semaine faire ses courses à Sommières. Avec un pacemaker posé à 90 ans, il va toujours de l’avant, adore raconter des tas de choses et est surtout toujours très bavard. « Tout m’intéresse et grâce à internet, Youtube, je peux regarder des tas de reportages. J’aime aussi beaucoup communiquer avec mes amis par mail sur mon ordinateur. »

Équipé d’une montre connectée avec des fonctions de santé, il profite de la vie, des visites de quelques amis et notamment de sa complice infirmière Sylvie Marquefabes-Tronquet, avec qui il échange beaucoup et qui l’aide énormément dans différentes tâches de sa vie quotidienne.

Un anniversaire célébré en grande pompe

Pour le 21 juin, il a réservé une croisière repas à Aigues-Mortes, où il a invité ses descendants et quelques amis. Ils seront 24 à partager le bel anniversaire du tout jeune centenaire Jean Favas.

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