Jacques Atlan, maire de Saint-Jean-de-Védas de 1989 à 2008, est décédé à l'âge de 87 ans. Avocat de formation, il a marqué la commune par ses nombreuses réalisations et son tempérament combatif. Il avait cette voix puissante, ce regard qui se durcissait à l'approche d'une joute verbale et cette façon bien à lui de ne jamais esquiver un affrontement d'idées.
Un bâtisseur qui aimait le débat
Né le 26 mai 1938 à Bougie, en Algérie, Jacques Atlan avait rejoint Montpellier pour y étudier le droit avant de devenir avocat au barreau, profession qu'il exercera durant plus de quarante ans. Élu maire en 1989, il laisse derrière lui une ville profondément transformée avec la construction de trois groupes scolaires, d'une maison de la petite enfance, d'un gymnase, de la médiathèque Jules-Verne, de la gendarmerie, de la piscine Amphitrite, la création du parc de la Peyrière ou encore l'arrivée de la deuxième ligne de tramway. Il est aussi à l'origine du Festival de rues qui a durablement marqué la vie culturelle védasienne.
Mais Jacques Atlan ne se résumait pas à son bilan. Il aimait ferrailler. Le débat était son terrain de jeu et il ne reculait jamais devant un contradicteur, quel qu'il soit. Une détermination qui l'avait conduit, un jour, à tenir tête en pleine séance du conseil d'agglomération au tout-puissant Georges Frêche, pourtant peu habitué à être publiquement défié. Cette indépendance d'esprit lui valut autant d'admirateurs que d'adversaires.
Un engagement culturel majeur
Vice-président du conseil général délégué à la culture pendant près de vingt ans, il contribua au développement du Printemps des Comédiens, à l'essor des festivals du Domaine d'O et accompagna la création du théâtre Jean-Claude-Carrière ainsi que la médiathèque départementale Pierresvives. Son action dans le domaine culturel a été saluée par de nombreux acteurs locaux, qui soulignent son éclectisme et sa volonté de rendre la culture accessible à tous.
Une retraite paisible à La Grande-Motte
Passionné de bateau et de navigation, Jacques Atlan coulait depuis plusieurs années à La Grande-Motte une retraite paisible. À l'approche de ses 88 ans, il venait d'ailleurs d'achever un livre destiné à ses proches, dans lequel il racontait avec pudeur son enfance en Kabylie, ses racines juives d'Algérie et l'arrachement de l'exil. "Quiconque n'a pas vécu ce drame ne peut imaginer la puissance de ce sentiment de perdition et d'abandon", écrivait-il. Un témoignage intime, loin des combats politiques, qui révèle aussi l'homme derrière l'élu.
Celui qui aimait tant convaincre laisse aujourd'hui le souvenir d'une personnalité libre, passionnée et profondément engagée. Les hommages affluent depuis l'annonce de sa disparition, saluant la mémoire d'un élu qui a su allier pragmatisme et idéaux.



