Incendies : qui sont les auteurs des feux de forêt ?
Incendies : derrière les flammes, qui sont les pyromanes ?

Alors que la saison des incendies s'intensifie, une question revient souvent : qui sont les responsables des feux de forêt ? Selon les données du ministère de la Transition écologique, 90% des départs de feu sont d'origine humaine. Parmi eux, les causes involontaires (travaux agricoles, mégots, barbecues) représentent la majorité, mais les actes volontaires, criminels ou pyromaniaques, sont loin d'être négligeables.

Le profil type du pyromane

Une étude de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) réalisée en 2023 dresse le portrait-robot des auteurs d'incendies volontaires. Il s'agit majoritairement d'hommes (85% des cas), âgés de 25 à 45 ans, souvent isolés socialement. Près de 40% présentent des troubles psychologiques, et un tiers ont déjà été condamnés pour des faits similaires. "Le pyromane n'est pas un monstre, mais souvent une personne en souffrance qui cherche à exprimer une colère ou un mal-être", explique le psychiatre Jean-Marc Delacroix, spécialiste des comportements déviants.

Les feux criminels, une minorité mais un impact majeur

En 2025, sur 12 000 départs de feu recensés, 1 500 ont été classés comme volontaires (soit 12,5%). Ces incendies ont parcouru 45% des surfaces brûlées, car souvent allumés par vents forts ou en zones difficiles d'accès. "Un acte criminel peut détruire en quelques heures ce que la nature a mis des décennies à construire", souligne le colonel Sylvain Durand, porte-parole de la Sécurité civile. Les motivations vont du conflit de voisinage à la spéculation foncière, en passant par le vandalisme ou la dissimulation d'autres délits.

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Les imprudences, première cause des feux

Malgré les campagnes de prévention, les gestes négligents restent la première cause des incendies. En 2024, les travaux agricoles (utilisation de débroussailleuses, meules de foin) ont provoqué 35% des départs de feu involontaires. Les mégots de cigarette mal éteints arrivent en deuxième position (22%), suivis des barbecues (12%) et des feux de camp (8%). "Chaque été, les pompiers interviennent sur des feux qui auraient pu être évités avec un peu de bon sens", déplore le lieutenant Julie Moreau, du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Bouches-du-Rhône.

Les conséquences judiciaires et financières

Les auteurs d'incendies volontaires encourent jusqu'à 15 ans de prison et 150 000 euros d'amende. En cas de mort d'homme, la peine peut atteindre la réclusion criminelle à perpétuité. Côté financier, l'État a consacré 1,2 milliard d'euros à la lutte contre les incendies en 2025, dont 300 millions pour la reconstruction des zones sinistrées. "Chaque euro dépensé en prévention en économise dix en réparation", rappelle le rapport de la Cour des comptes sur la gestion des risques naturels.

Les mesures de prévention renforcées

Face à ce constat, les autorités multiplient les initiatives. Depuis 2024, les caméras de surveillance équipent 20% des massifs forestiers les plus sensibles, et les patrouilles de gendarmerie ont été renforcées en été. Les amendes pour non-respect des règles de sécurité (brûlage de végétaux, jet de mégots) ont été doublées, passant à 750 euros. "Notre objectif est de responsabiliser chacun, car le feu est souvent le résultat d'un geste irréfléchi", conclut la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, dans un communiqué.

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