Incendie de la mairie de Limoges : deux suspects écroués, l'un fiché S
Incendie mairie Limoges : deux suspects écroués

Deux suspects, dont un homme de 34 ans fiché S, ont été mis en examen et placés en détention provisoire ce samedi 24 octobre, a annoncé le parquet de Limoges. La procureure de la République, Emilie Abrantes, a précisé que l'information judiciaire porte notamment sur des chefs de « tentative d'homicide » sur un policier et de « destruction » de la mairie, sans détailler les chefs retenus contre chacun des deux hommes, âgés de 34 et 66 ans.

Une enquête élargie après l'incendie du bâtiment historique

L'incendie de l'hôtel de ville de Limoges, survenu le 17 octobre lors de la mobilisation nationale contre la vie chère, avait initialement conduit à l'ouverture d'une enquête pour « dégradation d'un bien en bande organisée par un moyen dangereux pour les personnes » et « menaces de mort » sur les personnes présentes dans la mairie. Le bâtiment classé, inauguré en 1883, a été en grande partie détruit par les flammes lors des heurts qui ont accompagné la manifestation.

Le premier suspect, un trentenaire originaire de la Creuse, a été interpellé mardi matin à Bussière-Boffy, sur la commune de Val d'Issoire (Haute-Vienne), avec l'appui de l'antenne bordelaise du Raid. Selon les autorités, il est fiché S pour son appartenance présumée à l'ultragauche radicale et connu pour des violences sur un policier lors d'une manifestation passée dans la Creuse. Le parquet l'a présenté comme « l'un des suspects » soupçonnés d'avoir pris part à l'incendie volontaire de la mairie.

Le second suspect arrêté dans la Creuse

Le second suspect, âgé de 66 ans, a été arrêté jeudi à Gentioux-Pigerolles (Creuse). Il est également suspecté d'avoir participé à la destruction de la mairie. Dans un communiqué, la procureure Emilie Abrantes avait précisé qu'il était placé en garde à vue « du chef de destruction en bande organisée d'un bien par moyen dangereux pour les personnes ».

Environ 5 000 personnes avaient défilé samedi dernier à Limoges, où des éléments radicaux ont attaqué la mairie, brisant des vitres et enfonçant la porte pour pénétrer à l'intérieur et mettre le feu, comme le montrent des vidéos diffusées par le journal Le Populaire du Centre.

Le maire de Limoges accuse l'ultragauche

Mardi, le maire de Limoges Guillaume Guérin (LR) avait qualifié le premier suspect de probable « cerveau » de l'opération, tout en accusant « l'ultragauche, celle qui vit pour partie repliée sur le plateau de Millevaches », des terres rurales d'environ 10 000 habitants entre Corrèze, Creuse et Haute-Vienne. Ce plateau a attiré de longue date une population alternative, dont la réputation radicale nourrit méfiances et tensions.

Les deux suspects restent présumés innocents jusqu'à la fin de l'enquête. L'information judiciaire se poursuit pour établir les responsabilités exactes de chacun dans l'incendie du bâtiment historique.