Un incendie dévastateur dans un magasin de piscine à Cogolin
Le calme est revenu, mais les traces de l'incendie sont encore visibles. Ce vendredi matin, les services municipaux s'activaient pour nettoyer les abords du sinistre. L'air, encore imprégné de l'odeur du chlore, irrite les voies respiratoires à l'entrée de la zone d'activités Saint-Maur. La devanture du magasin Arrosage Piscine Ribeiro est à peine brunie, mais derrière les façades en crépi, il ne reste presque rien : un chaos de débris carbonisés et de cendres jonche le sol sous des flaques d'eau.
La veille, la D48 était devenue une fourmilière humaine. Plus de 70 pompiers, 22 engins du SDIS, la Smur du pôle de santé de Gassin, le Samu 83, le comité communal des feux de forêts, les services de la Ville, la police municipale, la gendarmerie, Enedis... et de nombreux curieux tentaient même de franchir les rubalises délimitant le périmètre de sécurité.
Un embrasement éclair
Toutes ces forces étaient concentrées pour contrôler l'incendie qui s'est déclenché vers 18 heures ce jeudi. La boutique était déjà fermée depuis 17 h 30 lorsque le gérant Daniel Ribeiro a été appelé par des connaissances : « J'ai pris des extincteurs et j'y suis allé avec mes employés. Quand j'ai levé le rideau, le feu n'était pas énorme, je pensais vraiment pouvoir l'éteindre. » Mais tout a pris si vite.
Didier Foucou, un voisin, était chez lui lorsque le feu a démarré. « Les flammes au début faisaient moins d'un mètre. La fumée était très noire, épaisse. J'ai appelé les pompiers, j'ai mis mes chiennes à l'abri et j'ai déplacé la voiture. Au bout de quelques minutes, les flammes atteignaient déjà une dizaine de mètres. Puis on a entendu des explosions », détaille-t-il, la main marquée d'un numéro et le poignet cerclé d'un bracelet d'information, comme la trentaine de personnes prises en charge ce soir-là.
Analyses en cours
Toute une zone en amont du sinistre avait été aménagée pour soigner les civils et les intervenants. Car ce chlore parti en fumée a des caractéristiques comparables à un gaz lacrymogène : il irrite les yeux et les voies respiratoires. Touchée partiellement par les fumées, la majorité des personnes examinées par les secours était indemne, mais deux victimes légères ont été transportées vers le centre hospitalier de Gassin.
L'origine de l'incendie n'est pas connue, une enquête a été ouverte. Les analyses de la cellule d'identification criminelle du groupement de gendarmerie de La Valette éclairciront les circonstances. Selon plusieurs témoignages concordants, les flammes seraient parties de l'extérieur.
Après une attaque massive pour contenir les flammes dans un premier temps, les soldats du feu ont procédé à l'extinction complète, puis à de la surveillance jusqu'à 4 h 30 ce vendredi matin. Mais l'opération nécessitait une vigilance particulière en raison du risque chimique. Une unité spéciale de Saint-Raphaël a effectué des mesures spécifiques : prélèvement et analyse de l'air et de l'eau, obturation des bouches d'égouts, et redirection des eaux polluées pour ne pas impacter la Giscle, grâce à la collaboration des services de la Ville, dirigés par la maire Isabelle Fernet-Risso présente sur le terrain.
L'œuvre d'une vie partie en fumée
Encore déboussolé, Daniel Ribeiro, le gérant entouré de sa famille, avait du mal à apaiser ses émotions tant que les pompiers n'avaient pas terminé leur opération : « Je ne me sens pas bien évidemment, mais ce n'est que du matériel. Heureusement, personne ne travaillait à ce moment-là. On va devoir tout reprendre, tout recommencer. Ce qui m'importe dans ce moment-là, ce sont les voisins. J'avais peur que le feu se propage. »
À ses côtés, Sauveur et Michèle Agnello, enroulés dans des couvertures sous la lumière des gyrophares, sont encore médusés. Ce couple vit dans la maison mitoyenne au local. Alertés par des jeunes dans la rue, ils ont quitté leur foyer précipitamment et assistent impuissants à la désolation de leur œuvre. « C'est moi qui ai construit tout seul cet entrepôt. J'avais prévu une cloison plus épaisse entre la maison et la boutique, heureusement », souffle Sauveur Agnello, propriétaire des murs.
Lorsqu'il a bâti cet espace de 250 m² au début des années 80, c'était pour y installer une carrosserie. Le garage est resté en service de longues années avant d'être loué pour être transformé en boutique de matériel de piscine (d'abord Delattre distribution, puis Arrosage Piscine Ribeiro). Une page qui se tourne douloureusement avant une reconstruction.



