THCX et CBC : des produits légaux aux effets dévastateurs
THCX et CBC : des produits légaux aux effets dévastateurs

Des produits vendus légalement dans les magasins de CBD, sous les appellations THCX et CBC, provoquent des addictions sévères et des symptômes inquiétants, selon des témoignages et des médecins. Jules Richard, créateur de contenu, raconte avoir frôlé la mort : « Je me suis dit à un moment que si je n’arrêtais pas j’allais crever. » Ces produits, qui paraissent sûrs, contiennent des cannabinoïdes naturels mélangés à des molécules de synthèse, et leurs effets sont bien plus forts que ceux du THC.

Un consommateur témoigne de son expérience

Jules Richard, qui venait d'arrêter le cannabis après dix ans de consommation, s'est tourné vers le CBD pour compenser. Il a demandé aux vendeurs « quelque chose de fort », et ils lui ont fourni des fleurs sous l'appellation CBC ou THCX. Les effets étaient immédiats, mais retombaient vite, ce qui l'a poussé à fumer sans cesse. « Je ne pouvais plus m'arrêter de fumer. Au point où si je me levais la nuit, je ne pouvais pas me retenir de me rouler un joint. Jamais je n'avais eu ça avec le cannabis. »

Sa consommation a doublé : alors qu'il fumait entre sept et huit grammes de THC par mois, il s'est mis à acheter quinze grammes de ces nouveaux produits toutes les trois semaines. En partageant son expérience sur Internet, il a reçu des dizaines de témoignages similaires, dont celui d'une personne qui venait d'arrêter le crack : « D'après elle, les effets de manque lors du sevrage sont aussi violents que ceux du crack. » Jules Richard lui-même a souffert de « maux de ventre catastrophiques », de « vomissements » et d'une grande faiblesse. Il a prévu de reprendre sa thérapie par l'hypnose et de consulter un addictologue.

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Les médecins alertent sur les dangers

Le professeur Laurent Karila, psychiatre et addictologue, alerte sur les réseaux sociaux : « J'ai de plus en plus de patients qui n'arrivent pas à décrocher du CBC. […] C'est une catastrophe. » Il demande aux magasins d'arrêter de vendre ces produits, car de nombreux patients les utilisent pour arrêter le THC, mais deviennent encore plus accros et subissent des symptômes violents : crises d'angoisse, hallucinations, bad trips, crises de tachycardie.

Le spécialiste explique que le CBC (cannabichromène) est naturellement présent dans le cannabis et n'a pas été démontré comme dangereux, mais il existe peu d'études sur l'humain. Ce qu'on trouve en magasin n'est pas réellement du CBC : « Vous pouvez acheter deux produits portant quasiment le même nom et avoir des concentrations ou même des molécules différentes. » Quant au THCX, « ce n'est pas un nom scientifique standardisé d'un cannabinoïde bien identifié. C'est essentiellement une appellation commerciale qui peut recouvrir, selon les vendeurs, différents dérivés ou mélanges de cannabinoïdes. » Le professeur Karila abordera ces questions dans son spectacle « Sexe, drogues et rock'n'roll - Sommes-nous tous addicts ? » en octobre.

Des magasins qui continuent de vendre

Malgré ces effets, les magasins de CBD connaissent une recrudescence de leur clientèle, selon le gérant de plusieurs boutiques parisiennes. « C'est une sorte de deuxième vague. Après l'interdiction du HHC, on avait moins de clients. Mais maintenant ils sont nombreux à revenir. » Les clients, souvent âgés de 18 à 30 ans, achètent des cigarettes électroniques, des résines ou des fleurs. Le gérant précise : « Parfois, ils ne savent même pas ce qu'il y a réellement dans ce qu'ils achètent. La composition n'est pas toujours donnée, ou pas vérifiée auprès des fournisseurs. Personnellement je fais de la prévention et teste tout chimiquement pour être sûr de ce que je vais vendre. » Il ajoute que certains produits contiennent des molécules de synthèse interdites, comme la PINACA.

En Normandie, treize magasins ont été forcés de fermer leurs portes le 2 juillet dernier, selon Ici Eure. Le parquet d'Évreux et deux préfectures ont pris cette décision après une enquête de onze mois. Près de 108 produits ont été saisis en mars, contenant tous des drogues de synthèse, comme la CUMYL PINACA et l'EDMB-4. Pour Jules Richard, la situation est grave : « Aujourd'hui on passe la porte de CBD shops et on achète de la drogue. »

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