Montpellier : violences conjugales, il retourne vivre chez sa compagne malgré l'interdiction
Il retourne vivre chez sa compagne malgré l'interdiction

Le tribunal correctionnel de Montpellier a condamné un homme de 53 ans à 10 mois de prison, dont 4 avec sursis, pour avoir résidé chez sa compagne entre le 1er mai et le 23 août 2026, en violation d'une interdiction judiciaire de contact. Il a également été reconnu coupable d'être entré en relation avec cette même personne entre le 1er janvier 2025 et le 23 août 2026, à Dijon et Montpellier. Le maintien en détention a été ordonné.

Une interdiction de contact ignorée dès la sortie de prison

L'homme avait déjà été condamné en 2023 à un an d'emprisonnement pour des violences commises sur cette même compagne. À sa sortie de prison, en janvier 2025, il est retourné vivre chez elle, ignorant les obligations de son contrôle judiciaire. Le 23 août, une voisine a appelé la police après avoir entendu la compagne crier. Celle-ci venait de recevoir plusieurs coups au visage, la blessant notamment à l'arcade. La victime, secourue, n'a pas souhaité déposer plainte pour ces violences.

Ce n'est pas pour ces faits que Christophe comparaissait, trois jours après. « Il n'y avait pas suffisamment d'éléments objectifs pour caractériser les faits », a expliqué la représentante du ministère public. Le prévenu était jugé pour « violation de l'interdiction de paraître » chez sa compagne, et pour « entrée en relation avec une personne malgré une interdiction judiciaire ».

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La victime témoigne de sa difficulté à se séparer

À la barre, la victime a témoigné : « Quand on s'est remis ensemble, il a été très gentil pendant plus d'un an. Ce n'est pas quelqu'un de méchant mais il peut se montrer violent. Là, avant de me porter des coups, ça faisait une semaine qu'il était très nerveux. » Elle a également reconnu être « épuisée par la situation. Je souhaite me séparer mais je ne suis pas sûre d'y arriver. On s'est remis ensemble parce que je l'ai appelé pour parler des problèmes de mon fils. C'était le seul à pouvoir me comprendre ».

La procureure a souligné que l'alcool était un facteur présent dans deux des cinq condamnations de Christophe. « Elle a peur des réactions imprévisibles de monsieur, a-t-elle déclaré. Aujourd'hui, elle souhaite simplement qu'il se soigne. » Le prévenu a admis : « Je n'aurais pas dû me remettre avec elle, c'est ma faute. » Son avocat a plaidé qu'« il était impossible pour lui de ne pas répondre à madame, d'autant plus qu'il croyait ne plus être sous le coup de cette interdiction de contact ».

Une peine jugée « largement disproportionnée » par la défense

La représentante du ministère public a requis 18 mois d'emprisonnement dont 6 avec sursis probatoire, avec maintien en détention. « Pour une simple interdiction de contact, c'est largement disproportionné », a réagi l'avocat du prévenu. Le tribunal a finalement prononcé une peine de 10 mois de prison dont 4 avec sursis, avec maintien en détention.

À sa sortie, Christophe aura l'obligation de travailler et de se soigner. Il lui sera interdit de contacter la victime et de paraître à son domicile pendant deux ans. La constitution de partie civile de la victime a été reçue. Christophe devra lui verser l'euro symbolique qu'elle demandait au titre des dommages et intérêts, ainsi que 800 euros au titre des frais d'avocats. Gravement brûlé en 2018, ce qui l'a contraint à subir des greffes de peau, et isolé socialement, Christophe a affirmé : « Je ne veux plus voir madame. »

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