Carolyn Salva : « J'ai été utilisée à des fins politiques »
Carolyn Salva : « J'ai été utilisée à des fins politiques »

Carolyn Salva, ex-première adjointe au maire de Six-Fours, a été déchue de ses fonctions le 22 août dernier par un vote du conseil municipal. Elle affirme ne pas comprendre les raisons de son éviction et annonce qu'elle siègera désormais comme élue de l'opposition « non inscrite ».

Une éviction sans explication

Le 13 août, le maire Frédéric Boccaletti a retiré ses délégations à Carolyn Salva, avant de faire voter par le conseil municipal, le 22 août, le retrait de sa fonction de première adjointe. Absente lors de cette séance car elle était en congés, des vacances prévues « depuis février », précise-t-elle, Carolyn Salva a choisi Var-matin pour donner sa version des faits.

Interrogée sur les « divergences sur la conduite des affaires municipales » évoquées par le maire pour justifier son éviction, elle répond : « Eh bien… je ne sais pas. Lors de l'entretien que nous avons eu le 13 août, il m'a dit “Soit tu démissionnes, soit je vais annoncer qu'il y a des divergences entre nous”. Sans me préciser pourquoi. Et à ce jour, aucun fait précis ni grief circonstancié ne m'a été communiqué. Du reste, l'arrêté municipal portant retrait de mes délégations n'est assorti d'aucune motivation. »

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Un refus de démissionner et un recours gracieux

Carolyn Salva a refusé de démissionner, affirmant avoir exercé ses missions avec « sincérité, énergie, engagement et loyauté » pendant plus de quatre mois. Elle a formé un recours gracieux pour demander le réexamen de la décision, mais sans réponse. « Je regrette donc sincèrement qu'une décision aussi lourde de conséquences repose sur des motifs non étayés », ajoute-t-elle.

Elle assure n'avoir jamais perçu de rupture de confiance avec le maire. « À aucun moment. Quand M. Boccaletti m'a demandé d'être sur sa liste, j'ai accepté de m'engager avec l'envie d'œuvrer pour ma commune et pour les Six-Fournais, par conviction et par volonté d'être utile. Il m'avait choisie en connaissance de cause puisqu'il y a deux ans, il m'avait remis la médaille de l'Assemblée nationale pour mon engagement associatif. »

« Ça a été la douche froide »

Carolyn Salva décrit son éviction comme un choc. « On m'a demandé de rendre mes clés et mon badge, comme une malpropre, moi qui ai passé vingt ans à la mairie en tant qu'agent de la Ville. Et à peine sortie de son bureau, le 13 août, j'ai été retirée des six groupes de discussion internes à la majorité. Tout ça a été un peu violent pour moi. » Elle confie vivre et dormir mal depuis trois semaines, mais se dit réconfortée par les témoignages de soutien d'agents communaux et d'administrés.

Interrogée sur le sentiment d'avoir été « utilisée », elle répond : « Oui. J'ai l'impression d'avoir été utilisée à des fins politiques grâce à mon réseau personnel. D'une part celui de ma carrière en tant qu'agent municipal durant vingt ans, d'autre part celui issu de mon entourage personnel et associatif. » Elle rapporte que des administrés lui ont dit que si elle n'avait pas été sur la liste, ils n'auraient pas voté pour M. Boccaletti.

Une nouvelle position dans l'opposition

Carolyn Salva annonce qu'elle siégera comme conseillère municipale de l'opposition « non inscrite ». « Je resterai fidèle et profondément attachée à ma commune et à ses habitants. Et j'espère que, lors des conseils municipaux, je pourrai intervenir dans des échanges productifs pour la collectivité, sans être censurée. » Elle conserve également sa délégation au conseil métropolitain et y siégera « avec la même sincérité que jusqu'à présent ».

Concernant son indemnité, elle précise : « Sur le mois d'août, la mairie m'a versé l'intégralité de mon indemnité de 1ère adjointe, mais j'ai de suite décidé de rendre le trop-perçu à compter du 22 août. »

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