Le tribunal correctionnel de Toulon a condamné, ce lundi 5 octobre, un homme de 26 ans à huit mois de prison avec maintien en détention. Il était poursuivi pour avoir dissimulé une quarantaine de bonbonnes d'héroïne, soit environ 40 grammes, à proximité de l'école maternelle du Val des Rougières à Hyères.
Une interpellation en flagrant délit par la BAC
Les faits se sont déroulés lundi 5 octobre au matin. Des effectifs de la Brigade anticriminalité (BAC) étaient en surveillance dans le quartier du Val des Rougières, connu comme un haut lieu du trafic de stupéfiants à Hyères. Les policiers ont repéré un individu, déjà connu de leurs services, dont le comportement leur a paru suspect.
Selon les éléments rapportés lors de l'audience, l'homme s'est dirigé vers l'école maternelle et a dissimulé deux sacs sous des marches d'escalier. Il les a ensuite ouverts et a effectué plusieurs allers-retours, rencontrant différents individus. Il a été interpellé sur place. Dans les sacs, les policiers ont découvert une quarantaine de bonbonnes contenant de l'héroïne, pour un poids total d'environ 40 grammes.
Des déclarations contradictoires à la barre
À la barre du tribunal, le jeune homme, aux cheveux longs et bruns, a tenté de minimiser son rôle. « Je ne vends pas, je faisais juste le guetteur », a-t-il assuré. La présidente du tribunal, Marie-Laure Arnouil, lui a fait remarquer : « Pourtant, on ne vous voit ni surveiller ni crier “Araah” ». Le prévenu a alors affirmé : « J'avais un complice, c'est lui qui était chargé de la vente. Mais il a disparu ».
Interrogé sur son activité professionnelle, le jeune homme a expliqué être en alternance dans le domaine des espaces verts. Il a promis « de ne plus recommencer » et a assuré « ne pas avoir été mis au courant de ce que contenaient les sacs ». Une affirmation contredite par les observations des policiers.
« Vous êtes un vendeur de mort »
Le procureur Raphaël Balland a prononcé une mise en garde sévère : « L'héroïne provoque une addiction presque immédiate. Vous êtes un vendeur de mort, a minima de mort sociale, mais aussi de mort tout court. C'est la ligne rouge absolue. »
De son côté, Me Clémentine Pujos, avocate du prévenu, a plaidé la « bonne foi » de son client : « Lorsqu'il se fait interpeller, il se montre coopératif et va jusqu'à donner aux policiers le mot de passe de son téléphone. C'est un jeune homme qui est dans une situation précaire, qui a eu un moment de vulnérabilité en acceptant de surveiller les lieux. Il paye le prix de son ignorance. »
Le tribunal a finalement condamné le prévenu à huit mois de prison, avec maintien en détention. Cette décision intervient dans un contexte de lutte renforcée contre le trafic de stupéfiants dans le quartier du Val des Rougières, où la présence d'une école maternelle rend la situation particulièrement sensible.