Hondurien sous OQTF tué à son retour : l'histoire de Ruben Torres
Hondurien sous OQTF tué à son retour : l'histoire de Ruben Torres

Un hommage à Bordeaux pour Ruben Torres

Plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées mercredi à Bordeaux pour rendre hommage à Ruben Torres, un Hondurien de 37 ans retrouvé mort en mars dans son pays. Sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF), il était retourné au Honduras après le rejet de sa demande d'asile.

Sur le Parvis des droits-de-l'Homme, près de l'Hôtel de ville de Bordeaux, une minute de silence a été observée en mémoire de cet homme. Son demi-frère, en larmes, était présent. Un portrait du défunt avait été disposé avec des bougies allumées.

Un parcours marqué par la menace

Arrivé en Gironde en 2024 pour échapper aux menaces d'un chef de gang au Honduras, Ruben Torres avait vu sa demande d'asile rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Selon son avocat, Me Pierre-Antoine Cazau, il se sentait « à l'étroit » chez son demi-frère et, ne pouvant travailler, était entré en dépression.

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En septembre 2025, il avait reçu une OQTF. En février 2026, il a quitté Bordeaux pour le Honduras avec l'idée de retenter une demande d'asile. « Il a pris le risque de repartir. Son désespoir l'a emporté sur sa peur », a déclaré Me Cazau.

Décès et contestation

Porté disparu une semaine après son retour à Tegucigalpa, son corps a été retrouvé le 9 mars dans un ravin. La famille conteste l'hypothèse d'un accident, à laquelle l'autopsie a conclu. Dans sa demande d'asile, Ruben Torres se disait menacé par un chef mafieux, anciennement emprisonné pour assassinat et évadé, mis en cause par un témoignage de son demi-frère.

Réactions et défense de l'Ofpra

Alain Espinasse, directeur général de l'Ofpra, a défendu les décisions prises, affirmant qu'elles résultaient d'un « travail d'analyse extrêmement sérieux ». Selon lui, « il n'y avait pas suffisamment d'éléments apportés par le demandeur d'asile pour conclure à la réalité des risques ». Il a rappelé la possibilité de faire appel devant la CNDA.

La CNDA a estimé que Ruben Torres n'avait fourni « aucun élément permettant d'établir la réalité des événements ». Me Cazau a commenté : « La décision de la CNDA reflète la très grande difficulté des demandeurs d'asile à prouver les menaces dont ils font l'objet. »

En 2025, 151 665 demandes d'asile ont été enregistrées en France, avec 78 782 mesures de protection accordées.

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