« Une fois de plus, le travail a tué. » Des dizaines de personnes se sont réunies ce lundi à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle pour rendre hommage à Hafida, une salariée et déléguée syndicale CGT d’une entreprise de transport intervenant sur les pistes, décédée la semaine dernière dans un accident du travail.
Les circonstances du drame
Le 13 juillet dernier, cette « femme de convictions », décrite comme joviale et solidaire par des proches et des collègues syndicalistes, s’est retrouvée écrasée par un bus à une station-essence utilisée par son employeur sur un parking de l’aéroport, après l’y avoir amené pour faire le plein.
Âgée de 53 ans, la victime était régulatrice pour Samsic Assistance Shuttle, une filiale du groupe Samsic chargée de transporter du personnel naviguant sur les pistes de l’aéroport, après y avoir été conductrice de bus. Elle était également déléguée syndicale CGT et engagée au sein de l’Union locale du syndicat.
Un appel à ne pas considérer le drame comme une fatalité
Devant le parterre de collègues venu lui rendre hommage, Zohra Abdallah, secrétaire générale de l’Union locale CGT de Sevran, a lancé ces mots : « Une fois de plus, le travail a tué. Nous refusons de considérer cela comme une fatalité. »
Tout en disant ne pas savoir à ce stade pourquoi le bus s’est mis à rouler alors qu’il était vide et s’il était défectueux, des collègues de Hafida dénoncent l’utilisation par l’entreprise de bus en mauvais état, dont l’alarme pour frein à main non serré ne fonctionne pas toujours, et l’utilisation de cette station-essence dont le sol est légèrement en dévers.
Des questions sur l’état des bus et les appels d’offres
Référent santé et conditions de travail à l’Union locale, Etienne Sanchez s’insurge contre le fait que les bus roulant sur les pistes de l’aéroport soient autorisés par la préfecture à ne pas être immatriculés et à ne pas passer le contrôle technique. Avant que Samsic ne remporte ce marché, « de vraies sociétés de transport, avec leurs mécaniciens », remplissaient ces missions, pointe-t-il. Il regrette que « les moins-disants remportent les appels d’offres » et espère faire fermer cette station-service le temps de l’enquête.
Un record d’accidents du travail en 2024
En 2024, 764 personnes, plus de deux par jour, sont mortes en France à la suite d’accidents du travail dans le secteur privé, un record. L’enquête sur ce décès a été confiée à la gendarmerie des transports aériens, selon la CGT. Contactés, le parquet de Bobigny et le groupe Samsic n’avaient pas répondu lundi après-midi.



