Le tribunal correctionnel d'Alès a condamné, lundi 3 août, un homme de 50 ans à 30 mois de prison, dont 8 avec sursis probatoire, pour avoir tenté d'agresser son frère à la hache à Salindres (Gard) le 1er août. Fortement alcoolisé au moment des faits, le prévenu a reconnu les faits devant la présidente Déborah Cohen.
Une dispute familiale qui dégénère
Il est un peu plus d'une heure du matin, ce samedi 1er août, à Salindres. Devant plusieurs témoins, un homme armé d'une hache aurait tenté de porter plusieurs coups à deux personnes, dont son propre frère, à l'issue d'une dispute familiale. Le différend portait sur une musique jugée trop forte et un terrain détenu en indivision par les deux frères. Le prévenu aurait mis la musique à un volume élevé avant que son frère ne lui demande de baisser le son.
Selon une des victimes, constituée partie civile et absente à l'audience, « il voulait qu'il quitte le terrain car il a d'autres problèmes avec la justice ». Les victimes décrivent une scène de panique : « J'ai cru que j'allais mourir ce soir-là », affirme l'une d'elles.
Un lourd casier judiciaire et une alcoolisation reconnue
Sans emploi depuis 2011 et vivant du RSA, le quinquagénaire reconnaît une dépendance à l'alcool. Son casier judiciaire compte 29 mentions, notamment pour des faits de vol, de viol ou encore d'infractions à la législation sur les stupéfiants. « J'ai fait n'importe quoi les trois quarts de ma vie », admet-il. Interrogé par la présidente sur un éventuel travail à faire sur son alcoolisation, il répond après un silence : « Euh… non. »
Le prévenu affirme subir depuis plusieurs années des violences de la part de son frère. Selon lui, tout serait parti d'une gifle : « Comme je ne voulais pas me faire taper, j'ai pris la hache. Je ne voulais tuer personne. » Une version contredite par une vidéo filmée par une voisine, versée au dossier, qui laisse entendre plusieurs menaces de mort.
Des réquisitions suivies à la lettre
Pour Sandrine Fabre, substitut du procureur de la République, l'homme est « véhément » et présente un parcours marqué par la violence. Elle requiert 30 mois d'emprisonnement, dont 8 avec sursis probatoire. À la barre, Me Olivia Betoe ne conteste pas les faits mais replace l'affaire dans un contexte de violences réciproques entre les deux frères : « Quand on n'arrive plus à se parler, on se tabasse », plaide-t-elle, évoquant « une escalade de la violence ».
Après en avoir délibéré, le tribunal suit quasiment à la lettre les réquisitions du parquet. Le prévenu est condamné à 30 mois de prison, dont 8 avec sursis probatoire. Les 22 mois restants seront exécutés en détention.



