La chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence a confirmé, ce mardi 5 août 2026, le maintien en détention provisoire de Matthis Ternel, le jeune maire de Tréogan (Côtes-d'Armor), soupçonné d'avoir dirigé « une mini-secte » dans le Var. Le recours formulé par le vingtenaire contre son incarcération a été rejeté, a-t-on appris auprès de son avocat, Me Antoine Mathieu, qui n'a pas souhaité s'exprimer sur le fond du dossier.
Une mise en examen pour des faits graves
Matthis Ternel, 27 ans, a été mis en examen le 2 mai 2026 à Toulon pour « abus de faiblesse », « chantage », « menace de mort », « agressions sexuelles » et « viols ». L'enquête, confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Marseille, porte sur un « groupement poursuivant des activités créant, maintenant ou exploitant la sujétion psychologique des participants », selon la qualification juridique retenue.
L'affaire a débuté en octobre 2022, lorsqu'une étudiante de 21 ans a porté plainte à Laval (Mayenne). Elle raconte avoir rencontré le jeune homme, qui utilisait le pseudonyme « Admonition », sur un réseau social dédié aux personnes « atypiques » (haut potentiel intellectuel, troubles du spectre autistique, TDAH, etc.). Matthis Ternel, bénéficiaire de l'allocation adulte handicapé, invitait ses contacts « intéressés par la spiritualité, la philosophie ou l'histoire » à échanger sur des applications de messagerie où il gérait « des chambres de discussion hiérarchisées ».
Un système de paliers et d'endoctrinement
Selon le parquet de Toulon, le groupe était fondé sur une charte distinguant « les fonctionnelles » et « les dysfonctionnelles ». Les participants se voyaient promettre l'accès à un cinquième palier d'instruction ultime, à condition de suivre l'enseignement de Matthis Ternel, qui aurait exigé de certaines femmes une dévotion totale. La plaignante a indiqué avoir atteint ce dernier palier, et deux rapports de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) évoquent un processus d'endoctrinement ayant permis à l'instigateur d'obtenir des fonds et des faveurs sexuelles.
Le suspect, jusque-là inconnu de la justice, conteste tout transfert d'argent et toute relation non consentie. Les investigations ont identifié six victimes présumées. Deux d'entre elles, qui ont suivi Matthis Ternel jusqu'à Tréogan — l'une des plus petites communes de Bretagne —, où il a été élu maire lors des dernières élections municipales, nient également toute emprise.
Une procédure en cours
La décision de la chambre de l'instruction intervient un peu plus d'un mois après l'élection de Matthis Ternel. Son avocat n'a pas commenté la décision sur le fond. L'enquête se poursuit pour déterminer l'étendue exacte des agissements reprochés au jeune édile.



