La préfecture de Gironde a lancé un appel à la vigilance, mercredi, à destination des victimes du mégafeu qui a ravagé le département. Des intermédiaires peu scrupuleux proposent un accompagnement payant, non couvert par les assurances. Ces pratiques, qualifiées d'« abusives » et « opportunistes », visent des personnes vulnérables.
Des sollicitations signalées par les sinistrés
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, la préfecture indique que « plusieurs sinistrés ont signalé avoir été sollicités par des personnes se présentant comme des experts ou des intermédiaires, leur proposant de signer rapidement des contrats ou des mandats d’accompagnement ». Ces démarches interviennent alors que les victimes sont souvent en état de choc et doivent faire face à des pertes matérielles importantes.
Une journaliste de l'AFP a d'ailleurs été témoin, lundi, d'un tel démarchage au Porge, la commune la plus touchée. Une famille venait de découvrir sa maison calcinée lorsqu'un individu a tenté de lui vendre des services. Cette situation illustre la détresse des habitants et la nécessité de les protéger.
Un guichet France Services pour accompagner les victimes
Face à cette situation, les services de l'État ont mis en place un guichet France Services au Porge, dès lundi. Ce dispositif, destiné aux victimes, propose un accompagnement personnalisé dans leurs démarches d'indemnisation. Il permet notamment de rencontrer des représentants de France Assureurs pour constituer un dossier de déclaration de sinistre ou programmer la visite d'un expert.
Selon la préfecture, plus de 130 personnes avaient déjà été accompagnées mardi soir. Ce guichet répond ainsi à un besoin urgent, alors que de nombreux sinistrés se retrouvent démunis face aux procédures administratives et aux compagnies d'assurance.
Un bilan humain et matériel lourd
Le mégafeu, qui a débuté à Saumos, a détruit 240 habitations et ravagé 42 000 hectares de forêt. Il s'agit de l'incendie le plus dévastateur en France depuis 1949. Les autorités considèrent qu'il est « maîtrisé » depuis mercredi, après avoir été fixé il y a quatre jours. Cependant, une surveillance étroite est maintenue pour éviter toute reprise du feu.
Les habitants du Porge, une commune d'environ 3 500 habitants, sont particulièrement touchés. Près de 200 maisons y ont été brûlées. La solidarité s'organise, mais les risques de démarchage abusif restent élevés dans ce contexte de fragilité.



