Draguignan : rejet du recours de Philippe Schreck recommandé
Draguignan : rejet du recours de Schreck recommandé

La rapporteure publique du tribunal administratif de Toulon, Sabine Faucher, a proposé ce mardi de rejeter le recours déposé par Philippe Schreck (RN) contre le second tour des élections municipales de Draguignan. Le candidat battu de 206 voix le 22 mars 2026 contestait la régularité du scrutin, mais aucun grief n'a été jugé de nature à en altérer la sincérité. Le tribunal, présidé par Jean-Marie Privat, rendra sa décision avant le 21 octobre.

Une « protestation électorale » examinée en audience publique

L'audience publique s'est tenue ce mardi après-midi à Toulon. Philippe Schreck et neuf autres requérants demandaient l'annulation du scrutin ainsi que l'inéligibilité du maire divers droite Richard Strambio, élu avec un écart de 206 voix. Le recours s'appuyait sur plusieurs griefs : l'utilisation de moyens de communication institutionnelle au service de la propagande du maire sortant, la distribution de tracts à la sortie d'une manifestation cultuelle, la publication d'un article polémique peu avant la clôture de la campagne et le refus d'un vote par procuration.

La rapporteure publique a examiné chaque point litigieux. Concernant la procuration non prise en compte, elle a conclu à un impact « sans incidence » sur le résultat. Quant à l'article publié par le média en ligne Le Correspondant, qu'elle a qualifié de « tonalité un tantinet dénigreuse », elle a estimé qu'il « ne dévoile rien que les électeurs n'étaient pas en mesure de déjà connaître ».

Des griefs jugés sans impact sur la sincérité du scrutin

Les tracts distribués à la sortie d'une célébration de la fin du ramadan ont également été évoqués. Sabine Faucher a rappelé que « la méconnaissance du principe de laïcité […] n'est pas de nature à altérer les résultats », ajoutant que « la jurisprudence est assez conforme en ce sens ». La communication institutionnelle, notamment une « revue de presse » publiée sur le site de la Ville et « qui pourrait être qualifiée d'engagée », n'a pas non plus été retenue : la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques n'y a trouvé aucune irrégularité.

Me Olivier Grimaldi, avocat de la majorité municipale, a commenté la démarche des requérants : « On ne leur a rien demandé, ils font leur job, ils font ce qu'ils veulent… ». À l'inverse, Me Philippe Campolo, représentant Philippe Schreck, a maintenu que « les moyens mis en œuvre par la Ville ne l'ont pas été pour informer le public sur la vie de la commune, mais bien pour forcer un peu la main aux électeurs dracénois ».

Une décision attendue sous trois semaines

Après ces échanges, la rapporteure publique a conclu qu'aucun des faits allégués n'avait pu porter atteinte à la sincérité des opérations électorales. Le tribunal administratif de Toulon, présidé par Jean-Marie Privat, doit maintenant trancher. Le jugement est attendu avant le 21 octobre, soit dans un délai d'environ trois semaines.