Ce samedi, des Gilets jaunes prévoient de se rassembler sur le viaduc de Millau, lieu emblématique de leur mobilisation en Aveyron en 2019, pour tenter de redonner une visibilité nationale à leur contestation. L'initiative, portée par des militants locaux, vise à sortir de l'impuissance ressentie et à raviver un mouvement qui peine à retrouver son souffle, dans un contexte de colère face au coût de la vie et de défiance envers les responsables politiques.
Un lieu symbolique pour une action visible
Le choix du viaduc de Millau n'est pas anodin. Pour Michel Ducros, figure historique du mouvement à Millau, cet ouvrage offre un terrain particulièrement visible pour exprimer la colère sociale. « Le viaduc, c'est emblématique. C'est une vraie action », plaide-t-il. Il espère également que cette action sera bien accueillie par le public : « En même temps, on fait plaisir aux gens puisque le péage sera gratuit », ajoute-t-il.
Cette nouvelle mobilisation intervient après une période de relative discrétion du mouvement. La hausse du coût de la vie, les prix des carburants et le sentiment que les décisions politiques ne répondent plus aux préoccupations du quotidien entretiennent la colère, selon Michel Ducros. Mais le mouvement se heurte à une difficulté majeure : comment rassembler à nouveau quand les grandes heures des ronds-points semblent lointaines ? « Bouger à sept ou huit, ça sert à quoi ? », résume-t-il, impatient de réveiller la flamme d'une contestation qu'il juge « nécessaire » et, selon lui, très suivie en Aveyron comme ailleurs.
Une contestation qui cherche de nouveaux relais
Selon Michel Ducros, des Gilets jaunes continuent de se retrouver dans plusieurs régions, parfois chaque samedi, même en petit nombre. Il cite le site 17octobregiletjaune.net, qui recense plus de 500 manifestations en France prévues ce samedi. Autant de rendez-vous qui témoignent, à ses yeux, d'une contestation qui cherche de nouvelles formes et de nouveaux relais.
Le mouvement entend également se rapprocher d'autres mobilisations, notamment celles de la jeunesse. « On est avec eux, il n'y a pas de souci », affirme le militant, qui revendique une solidarité avec les causes qu'il juge « légitimes ». Il fait référence aux dernières déclarations d'Emmanuel Macron visant à interdire systématiquement par arrêté préfectoral les rassemblements et manifestations jugés « sans légitimité ». Michel Ducros oppose cette spontanéité à « l'attentisme » des organisations syndicales, dont les démarches auprès du gouvernement n'auraient, selon lui, pas produit de résultats suffisants.
Raviver la flamme, sans garantie
Pour Michel Ducros, le souvenir de 2019 reste ambivalent, tant les suites du mouvement n'ont pas apporté les fruits escomptés. Il refuse pourtant de considérer la mobilisation comme définitivement éteinte. À Millau, l'objectif de ce week-end sera donc tout autant de manifester que de mesurer la capacité de rassemblement, avec le viaduc comme caisse de résonance.
Avec l'espoir, pour Michel Ducros, d'embrasser large, espérant convaincre plus de 200 personnes avant de conclure, prophétique : « C'est sûr, il y aura du monde ! »