Fusillade à Nantes : un voisin raconte la mort d'un adolescent de 15 ans
Fusillade à Nantes : un ado de 15 ans tué, un voisin témoigne

Un drame bouleversant a secoué le quartier populaire de Port-Boyer, au nord de Nantes, ce jeudi 14 mai 2026. Une fusillade, « manifestement liée au trafic de drogue » selon les autorités, a coûté la vie à un adolescent de 15 ans. Deux autres jeunes, âgés de 13 et 14 ans, ont également été blessés mais sont désormais hors de danger.

Le récit poignant d’un voisin

Dylan, 17 ans, habitant de l’immeuble où le drame s’est produit, a livré un témoignage poignant à nos confrères de France 3 et France info. Il raconte avoir « accompagné jusqu’à son dernier souffle » la jeune victime. « J’ai fait ce que je pouvais faire, l’accompagner jusqu’à son dernier souffle. Le petit est mort dans mes bras », confie-t-il, la voix empreinte d’émotion.

« Les derniers trucs qu’il aurait dû voir, ce n’est pas moi et une cage d’escalier, c’est sa mère, son père, ses sœurs », ajoute-t-il, déplorant l’injustice de cette mort brutale.

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Un acte de bravoure et d’humanité

Ce jeudi, en fin de journée, Dylan descend fumer une cigarette lorsqu’il perçoit une odeur de poudre. « Je n’ai rien entendu. Je descends en courant, je vois sur la vitre du bâtiment qu’il y a un impact. Je vais vers l’ascenseur parce qu’il y a un peu de bruit, et je vois le petit couché », se souvient-il.

Sans hésiter, il s’approche de l’adolescent et tente de le réconforter. « J’ai essayé de le rassurer dans ses derniers instants. C’est normal, c’est humain. Ça aurait pu être moi couché là, mon frère, mon cousin », explique-t-il, avec une maturité déconcertante. Il confie également un sentiment de culpabilité : « Je me dis que si j’étais rentré plus tôt, j’aurais pu lui éviter que ça se passe comme ça. »

Une victime collatérale

Pour Dylan, le jeune tué n’avait rien à voir avec le trafic de drogue. « Ce petit-là, c’est une victime collatérale, il n’a jamais vendu de drogue de sa vie, j’ai parlé à sa famille, avec ses potes (…) il n’avait rien à voir avec tout ça », affirme-t-il. « De ce que moi j’ai vu, ça avait l’air d’être un bon. »

Cette version est corroborée par les déclarations de Laurent Nuñez, qui a insisté sur le fait que rien n’indiquait que les adolescents visés par les tirs étaient impliqués dans le narcotrafic. Les suspects ont « rafalé à l’aveugle », a-t-il dénoncé.

La lutte contre le narcotrafic se poursuit

Le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, a confirmé que les deux autres adolescents blessés sont désormais hors de danger. Laurent Nuñez, après avoir échangé avec des habitants et la maire de Nantes, Johanna Rolland, a réaffirmé la détermination des autorités : « Il y a des drames qui se produisent, mais il faut continuer à déstabiliser, à démanteler des réseaux. Ce qui s’est passé hier renforce notre détermination pour poursuivre cette lutte incessante. »

Ce drame relance le débat sur la violence liée au trafic de drogue dans les quartiers, et sur la nécessité de protéger les jeunes, souvent pris pour cibles ou victimes collatérales de ces règlements de comptes.

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