Une semaine après la fusillade meurtrière du quartier des Moulins à Nice, qui a fait deux morts et six blessés, les procureurs de Marseille et de Nice ont salué l'action de la police judiciaire niçoise. Trois suspects ont été mis en examen et incarcérés, dont le tireur présumé. Un nouveau passage à l'acte imminent a été déjoué.
Une hyper violence assumée
L'attaque, survenue en plein après-midi sur une place très fréquentée, a été perpétrée avec un pistolet-mitrailleur utilisé en rafale. Le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, a souligné la froide volonté de tuer du tireur, qui s'est posé, a sorti son arme et a visé. Les balles de calibre 7,62 ont presque toutes fait mouche, et les huit victimes se trouvaient devant un commerce d'alimentation. Deux d'entre elles, Adilson (39 ans) et Ahmed (57 ans), étaient totalement étrangères au trafic de stupéfiants.
Une course contre la montre
Une heure après l'attaque, un véhicule incendié est découvert à Roquefort-les-Pins, avec la trottinette du tueur dans le coffre. Plus de cinquante enquêteurs sont mobilisés. Dès le lendemain, la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille reprend l'enquête. Les enquêteurs repèrent un nouveau véhicule volé, dédié à une équipe encore présente sur le territoire. Trois bidons d'essence sont découverts à bord, indiquant un nouveau projet criminel imminent.
Interpellations et mises en examen
Dans la nuit du 13 au 14 mai, quatre personnes sont interpellées. Trois d'entre elles sont mises en examen et placées en détention provisoire. Le tireur présumé, âgé de 30 ans, a déjà sept condamnations. Il serait arrivé de région parisienne. Le conducteur de 19 ans reconnaît avoir conduit les véhicules, mais nie savoir leur usage. La logisticienne de 26 ans a loué les appartements conspiratifs. Une arme longue, des cartouches et un masque postiche ont été saisis.
Escalade criminelle
Pour Nicolas Bessone, cette fusillade relève d'une guerre territoriale pour le contrôle du trafic de stupéfiants. Des influences marseillaises et parisiennes sont observées. Un groupe d'échange trimestriel entre les parquets de Marseille et Nice sera mis en place avant l'été.



