Un homme de 34 ans, ancien colistier du parti Reconquête aux élections municipales de Mulhouse, a été condamné le 30 juillet 2026 à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de la ville. Il lui était reproché d'avoir effectué un salut nazi lors d'une réunion publique en mai 2025, un geste filmé et largement diffusé sur les réseaux sociaux.
Les faits reprochés
Le 15 mai 2025, lors d'un meeting politique organisé par le parti Reconquête à Mulhouse, le prévenu, alors colistier sur la liste municipale, a levé le bras droit en signe de salut hitlérien devant une foule de sympathisants. La scène, captée par un téléphone portable, a rapidement circulé sur les plateformes numériques, provoquant une vague d'indignation. Plusieurs associations antiracistes, dont la Licra et SOS Racisme, ont porté plainte.
L'enquête a établi que l'homme avait agi délibérément, sans contrainte ni provocation. Interrogé par les enquêteurs, il avait justifié son geste comme une "blague" et une "provocation politique", tout en niant toute adhésion à l'idéologie nazie. Le parquet a requis six mois de prison avec sursis, estimant que ce type de comportement banalisait les crimes du IIIe Reich.
La décision du tribunal
Le tribunal a suivi en partie les réquisitions, infligeant une peine de trois mois de prison avec sursis, assortie d'une amende de 500 euros pour frais de justice. Les juges ont également ordonné l'affichage de la décision dans les locaux de la mairie de Mulhouse pendant un mois. Dans son délibéré, le président du tribunal a souligné que "le salut nazi, même présenté comme une plaisanterie, constitue une apologie de crimes contre l'humanité et trouble l'ordre public".
Cette condamnation est la première du genre à Mulhouse pour ce type de geste en contexte politique. Selon des sources judiciaires, le parquet a fait valoir que "la liberté d'expression ne saurait couvrir des actes de provocation rappelant les pires heures de l'histoire". L'avocat de la défense, Me Dupont, a annoncé son intention de faire appel, estimant la peine disproportionnée au regard de l'absence d'antécédents.
Réactions politiques et associatives
Le parti Reconquête, par la voix de son porte-parole national, a condamné le geste tout en regrettant une "judiciarisation excessive" de la vie politique. "Nous ne cautionnons aucun symbole nazi, mais ce type de dossier relève plus du débat politique que du tribunal", a-t-il déclaré. En revanche, les associations antiracistes ont salué la décision. Le président de la Licra, Yoni Assouline, a estimé que "ce jugement envoie un signal clair : les dérives extrémistes ne seront pas tolérées, même sous couvert de provocation".
L'élu mulhousien écologiste, Jean-Claude Mensch, a également réagi, appelant à une vigilance accrue contre la banalisation des symboles nazis. "Mulhouse ne doit pas devenir un terrain de jeu pour les nostalgiques du IIIe Reich", a-t-il insisté lors d'un point presse. La condamnation intervient dans un climat politique tendu, alors que le parti Reconquête cherche à s'implanter dans l'Est de la France.
Précédents et jurisprudence
Cette affaire s'inscrit dans une série de condamnations pour apologie de crimes nazis en France. En 2023, un militant d'extrême droite avait été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour des saluts hitlériens lors d'une manifestation à Paris. La jurisprudence tend à durcir les peines, les tribunaux considérant ces gestes comme des atteintes à la dignité humaine. Selon un rapport du ministère de la Justice, le nombre de procédures pour apologie de crimes contre l'humanité a augmenté de 15 % en 2025 par rapport à l'année précédente.
Le condamné, qui n'a pas d'emploi déclaré, devra également suivre un stage de citoyenneté sur les droits de l'homme, conformément à une obligation de soins. La décision du tribunal de Mulhouse pourrait faire jurisprudence pour d'autres affaires similaires en cours dans la région Grand Est.



