Une courte vidéo publiée samedi sur X (anciennement Twitter) montre une poignée de jeunes hommes debout, certains bière à la main, ou attablé en tenue blanche et rouge, dans une rue du village de Marboz, lors d'une féria. Ils répètent en chœur : « Et on s'en fout, on n'aime pas les bougnoules ». Le terme « bougnoule » est une insulte raciste désignant les personnes d'origine maghrébine. La séquence a depuis été visionnée 2,7 millions de fois, suscitant une vague d'indignation.
Le préfet de l'Ain saisit la justice
Le préfet de l'Ain a annoncé mercredi avoir saisi la justice. Dans un tweet, la préfecture écrit : « Ces chants racistes […] n'ont rien à voir avec la fête. Ils n'ont rien à voir avec la Féria de Marboz. Ils n'ont rien à voir avec l'Ain. Les participants étaient venus partager un moment de joie. Quelques individus ont trahi cet esprit et ont choisi la haine. Ils devront en répondre. »
La préfecture précise que le préfet a « saisi le procureur de la République au titre de l'article 40 du code de procédure pénale ». Cet article oblige toute autorité publique à signaler au procureur les crimes ou délits dont elle a connaissance. L'enquête devra identifier les auteurs et déterminer les suites pénales.
La mairie de Marboz condamne fermement
Dans un communiqué publié sur Facebook, la mairie de Marboz condamne « très fortement » les « propos racistes et haineux » et « se dissocie de ceux qui les tiennent ». Elle ajoute : « Ils ne reflètent en aucun cas l'image de la commune et l'esprit de tolérance et de convivialité de la Féria de Marboz. »
La féria de Marboz est un événement festif annuel qui attire des milliers de visiteurs. Les organisateurs et les habitants ont exprimé leur consternation face à ces agissements, qui entachent la réputation de la manifestation et de la commune.
Réactions et conséquences
Plusieurs personnalités politiques et associations antiracistes ont réagi, saluant la réactivité du préfet et appelant à des sanctions exemplaires. La vidéo, largement partagée, a provoqué un débat sur la persistance du racisme dans les fêtes populaires. L'enquête devra établir les circonstances exactes et identifier les protagonistes, qui risquent des poursuites pour injure publique à caractère raciste, délit passible d'une amende et de peine d'emprisonnement.



