Guillaume Erner restera à l'antenne à la rentrée, mais l'animateur des Matins de France Culture a fait l'objet d'une « sanction disciplinaire » après la diffusion, le 24 juin, d'un montage sonore trompeur concernant Jean-Luc Mélenchon. L'information a été révélée jeudi lors d'une réunion des équipes de la station.
Un montage non sourcé et tronqué
À la tête de la matinale depuis 2015, le journaliste s'était retrouvé au cœur d'une polémique après avoir diffusé, en marge d'une interview de Marine Le Pen, un extrait laissant entendre que le leader de La France insoumise avait tenu des propos antisémites comparables à ceux de Jean-Marie Le Pen. Le montage, diffusé à l'antenne, provenait d'un compte X, n'était pas sourcé et reposait sur un extrait tronqué.
La sanction et ses conséquences
Lors d'une réunion organisée jeudi à la Maison de la Radio, Guillaume Erner a indiqué qu'une « sanction disciplinaire » avait été prise à son encontre cette semaine. Il a également reconnu une nouvelle fois avoir commis une « faute », selon plusieurs sources concordantes citées par l'AFP. La nature exacte de cette sanction n'a toutefois pas été dévoilée. Contactée par l'AFP, la direction de France Culture n'a pas souhaité commenter ce point. Elle a en revanche confirmé que l'animateur resterait à la tête de la matinale, tout en étant soumis à un « recadrage concret » destiné à « désubjectiver » davantage l'émission.
Des changements éditoriaux annoncés
Parmi les mesures décidées, le billet d'humeur quotidien de Guillaume Erner disparaîtra. La direction a également annoncé un renforcement du processus de validation des contenus préparés pour l'émission, « dans le cadre des règles déontologiques de Radio France ». Face à la polémique, France Culture et l'animateur avaient déjà présenté leurs excuses. Des excuses jugées insuffisantes par Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise. L'affaire avait pris une telle ampleur que le fonctionnement éditorial de la principale matinale de la chaîne est désormais revu.
Les excuses et l'engagement de l'animateur
Dans un courrier adressé mercredi à la rédaction et consulté par l'AFP, Guillaume Erner affirme accepter la sanction prise à son encontre « au vu de (ses) responsabilités et de la gravité de (sa) faute ». « J'ai bien conscience de la manière dont cela abîme notre relation avec les auditrices et les auditeurs. Je m'engage à tout faire pour que cela ne se reproduise jamais », écrit-il. Dans le même document, il indique également être la cible d'un « torrent d'injures antisémites », commencé avant cette affaire mais qui a, selon lui, « pris une tournure plus ignoble encore » depuis.



