Shaka Ponk : Frah regrette son duo avec Bertrand Cantat et fait son mea culpa
Frah de Shaka Ponk regrette son duo avec Bertrand Cantat

« On s’est trompés de combat, on s’est trompés de chemin. » C’est par ces mots que Frah, de Shaka Ponk, résume la collaboration de son groupe avec Bertrand Cantat. Shaka Ponk a fait ses adieux à la scène en 2024, après avoir pris conscience qu’il était impossible de faire des tournées sans impacter la planète. Ce 8 juillet 2026, Frah fait son mea culpa sur un sujet qui divise encore aujourd’hui son public : le duo « Palabra Mi Amor », enregistré en 2011 avec Bertrand Cantat, qui venait de sortir de prison après avoir purgé sa peine pour avoir tué sa compagne, l’actrice Marie Trintignant, qu’il avait rouée de coups et laissée agoniser de longues heures.

« Ça n’excuse pas d’avoir fait ça »

« C’est trop grave d’avoir fait ça », explique François Charon, de son vrai nom, dans une longue vidéo partagée sur son compte Instagram, celui de Shaka Ponk ainsi que de la chanteuse Samaha Sam. « Évidemment que Cantat n’aurait jamais dû remonter sur scène. Et évidemment qu’on n’aurait jamais dû faire ce duo. »

Frah tente d’expliquer son rapprochement de Bertrand Cantat, dont il disait, en 2014 dans Voici, qu’il était « un mec avec qui on a beaucoup de points communs » et avec lequel il s’était lié « d’amitié », puis défendait, en 2018, son « droit à la rédemption » après avoir purgé sa peine. « Il a payé, et on n’est pas juges », ajoutait-il dans Le Parisien.

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« On a un rapport très particulier à la prison, à la rédemption, à l’empathie qui est selon nous le meilleur moyen de lutter contre la haine, contre la colère, puis de désamorcer la violence », confie Frah dans sa vidéo, ajoutant qu’ils ont « probablement été influencés par leurs histoires personnelles ». Néanmoins, « ça n’excuse pas d’avoir fait ça ».

« On était du côté de ceux qui se taisent »

Pour « sortir de cette léthargie cognitive », Frah salue la « prise de parole féministe » et le mouvement MeToo, « ce coup de projecteur sur le manque d’éducation des hommes et surtout sur la situation des femmes ». S’il reconnaît que « tout n’est pas parfait aujourd’hui », il déclare avoir amorcé « une grosse déconstruction par rapport » à « la société très patriarcale » qui est « sourde » devant le traitement réservé aux femmes.

Frah reconnaît cependant que sa prise de conscience arrive « un peu tard malheureusement ».

« On avait fait partie du problème, de ce que l’on dénonce par ailleurs. On était du côté de ceux qui se taisent, de ceux qui tolèrent ou qui cautionnent de par leur silence ou par leurs actes », juge-t-il.

Frah espère en tout cas que les enfants d’aujourd’hui deviendront des hommes éclairés et responsables, « ce que nous n’avons pas du tout été ».

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