Pour la première fois dans l'histoire de la Russie, un tribunal militaire de garnison à Moscou a reconnu le « fragging » — le meurtre de soldats par leurs propres camarades — comme une pratique régulière depuis le début de la guerre en Ukraine. Deux membres du 272e régiment de fusiliers motorisés ont été condamnés lors de cette décision historique, rapportée par Militarnyi.
Une reconnaissance sans précédent
Jeudi 13 août, le tribunal a statué que ces meurtres ne relèvent pas de cas isolés, mais d'un phénomène systématique au sein des forces russes engagées en Ukraine. Selon les informations de Militarnyi, plusieurs soldats sont accusés d'avoir extorqué de l'argent à leurs camarades en échange de protections contre les agressions, de soins médicaux ou de permissions. En cas de refus, certains soldats étaient battus, voire tués.
L'affaire Pavel Gudochkin
Mercredi 12 août, le tribunal s'est concentré sur le cas de Pavel Gudochkin, ancien militaire du 272e régiment, connu sous le pseudonyme « Boyets » (combattant en russe). Le lieutenant fait l'objet de 46 chefs d'accusation pour meurtre, abus d'autorité avec violence, corruption à grande échelle, extorsion et vol d'armes. Les enquêteurs affirment qu'il dirigeait un groupe criminel avec ses frères d'armes Gennady Kozakov, Vitaliy Kozlov, Oleksandr Tonilin et Oleksandr Ovcharov, tous de la même unité. Kozakov fait face à 62 chefs d'accusation.
Précédent à Donetsk
En décembre 2025, quatre soldats russes avaient déjà été condamnés par le tribunal de Donetsk, territoire sous contrôle russe, pour le meurtre d'un Américain engagé dans l'armée russe. Cette nouvelle décision de Moscou marque une étape supplémentaire dans la reconnaissance judiciaire de ces pratiques, qui pourraient avoir des répercussions sur d'autres affaires en cours.



