Depuis plusieurs mois, les terrasses des restaurants du boulevard Louis-Blanc à Alès sont victimes d'une invasion d'étourneaux. Les fientes de ces oiseaux s'accumulent sur les auvents, les parasols et les tables, rendant l'accueil des clients quasi impossible en soirée. Les commerçants, qui comptent sur la terrasse pour attirer la clientèle estivale, expriment leur exaspération et réclament une action plus ferme de la municipalité.
Des nuisances quotidiennes insupportables
Kheira, manageuse du restaurant Eat sushi, témoigne : "Ils nous chient dessus et les clients sont obligés de rentrer." Sa véranda, qui protégeait auparavant les clients, a dû être retirée car elle était trop abîmée par les fientes. "On avait beau frotter, ça ne partait plus. Et puis nos chaises sont avec des trous, c'est très long à nettoyer et le soir, il faut tout recommencer."
Damien Roux, du restaurant La Cuisine, décrit une situation identique : son abri de terrasse est littéralement criblé de fientes, avec une odeur pestilentielle due aux fortes chaleurs. "À partir de 20 heures, ils sont là, ça piaille avec les odeurs d'égouts qui remontent, c'est vraiment difficile ! J'ai écrit à plusieurs reprises, trois fois l'an dernier et contacté le numéro vert de la ville. Mais on ne se sent pas écouté. Nous sur le Louis-Blanc, on est les oubliés du centre-ville !"
Un nettoyage chronophage et coûteux
Julien Boithias, du restaurant Le Louis-Blanc, précise que l'état des terrasses après une nuitée sous les nuées d'étourneaux nécessite 1 heure 30 de travail chaque matin pour tout remettre en état. "Regardez l'état de ces parasols, ils ont 1 mois et demi ! Il y en a pour 3 000 € et les derniers, que je devais laisser ouvert pour protéger les tables ont été détruits par un orage." Il ajoute que les clients évitent la terrasse car ils craignent pour leur voiture : "Moi, mes clients ne viennent pas en terrasse car ils m'expliquent que cela va leur coûter 10 € de plus, c'est le nettoyage de la voiture en repartant."
Delphine Pichon, du restaurant Le Ricochet, partage le même constat. À la gêne visuelle et olfactive s'ajoutent des problèmes de canalisation et d'électricité survenus début juillet, qui ont renvoyé les clients chez eux et entraîné une perte de chiffre d'affaires.
La solution venue d'Uzès : un fauconnier
À Uzès, ville voisine confrontée au même problème, la municipalité a fait appel à la société Eco nuisible, qui utilise deux techniques : d'abord, faire décoller les étourdneaux par des artifices, puis lâcher des rapaces pour les effrayer. Hubert Lépérini, directeur des services techniques d'Uzès, explique : "C'est une opération qu'il faut répéter six ou sept fois, mais c'est efficace." Le coût de l'opération s'élève à 5 000 ou 6 000 €, mais permet d'éviter les nettoyages successifs des trottoirs, qui nécessitent parfois de l'eau chaude et du détergent.
La réponse de la mairie d'Alès
Mercredi 15 juillet, la mairie d'Alès a publié un communiqué annonçant des actions de régulation des nuisibles. Un numéro vert (0800 540 540) est mis à disposition pour signaler les nuisances. La mairie appelle également les habitants au civisme : éviter de laisser des déchets alimentaires dans la rue, bien fermer les sacs-poubelle et rabattre les couvercles des bacs. Concernant spécifiquement le boulevard Louis-Blanc, deux campagnes d'effarouchement sont programmées pour fin juillet et début août 2026. La mairie précise que l'élagage récent visait à réduire le support des étourneaux, mais que le boulevard doit conserver son ombrage. Chaque année, près de 800 nuisibles (rats, pigeons, étourneaux) sont neutralisés par le service hygiène et propreté.
Malgré ces annonces, les commerçants restent sceptiques. L'un d'eux ironise : "On est là à les écouter parler de dynamisme en centre-ville mais il devrait prendre le dictionnaire et vérifier la définition du mot... Et ce qu'ils ont fait avec l'élagage ces derniers jours, c'est comme s'ils n'avaient rien fait..."



