Pegasus : la France a envisagé d'acheter le logiciel espion israélien
Pegasus : la France a envisagé d'acheter le logiciel espion

Des enquêtes révèlent que la France a sérieusement envisagé d'acheter le logiciel espion Pegasus, développé par la société israélienne NSO Group. Selon des documents et des témoignages, des discussions ont eu lieu au sein du gouvernement français pour acquérir cet outil de surveillance controversé, capable d'infecter les smartphones et d'en extraire des données sensibles.

Les détails des négociations

Les enquêtes, menées par plusieurs médias internationaux, indiquent que des responsables français ont exploré la possibilité d'utiliser Pegasus pour des opérations de renseignement. Des réunions auraient eu lieu entre des représentants de NSO Group et des agents des services de renseignement français dès 2018. Un ancien haut responsable du renseignement a déclaré : « L'idée était d'évaluer si cet outil pouvait répondre à nos besoins opérationnels. »

Les discussions ont porté sur les capacités techniques du logiciel, son coût et les implications juridiques. Pegasus permet de prendre le contrôle d'un téléphone à distance, d'accéder aux messages, aux appels, aux photos et même d'activer le micro ou la caméra. Ces fonctionnalités en font un outil redoutable pour la surveillance ciblée.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les implications éthiques et juridiques

L'éventuel achat de Pegasus par la France soulève des questions sur le respect des libertés individuelles et de la vie privée. Des associations de défense des droits numériques ont exprimé leur inquiétude. « L'utilisation d'un tel logiciel par un État démocratique doit être strictement encadrée par la loi et contrôlée par des autorités indépendantes », a commenté un porte-parole de La Quadrature du Net.

En France, l'utilisation de logiciels espions est régie par la loi de 2015 sur le renseignement, qui autorise certaines techniques de surveillance sous contrôle judiciaire. Cependant, Pegasus a été utilisé par plusieurs gouvernements pour cibler des journalistes, des militants et des opposants politiques, ce qui a valu à NSO Group d'être inscrit sur une liste noire du département du Commerce américain en 2021.

La position officielle de la France

Interrogé sur ces révélations, le ministère de l'Intérieur français a démenti tout achat effectif de Pegasus. « La France n'a jamais acquis le logiciel Pegasus. Des discussions exploratoires ont pu avoir lieu, mais aucune décision d'achat n'a été prise », a déclaré un porte-parole. De son côté, NSO Group a affirmé que ses produits sont vendus uniquement à des agences gouvernementales légitimes et qu'ils sont soumis à des contrôles stricts.

Ces révélations interviennent dans un contexte de débats accrus sur la surveillance de masse et la protection des données. Plusieurs pays, dont les États-Unis et le Royaume-Uni, ont également été accusés d'utiliser Pegasus ou des logiciels similaires. L'affaire relance la question de la régulation des technologies de surveillance et de leur impact sur les droits de l'homme.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale