Disparition d'Alla Tsykalo à Toulon : deux ans de zones d'ombre
Disparition d'Alla Tsykalo à Toulon : deux ans de mystère

Deux ans après la disparition d'Alla Tsykalo, mère de famille ukrainienne, dans la nuit du 14 au 15 juillet 2024 à Toulon, le dossier semble figé. Si sa famille en France ne la cherche plus, sa sœur et sa fille aînée, vivant respectivement en Pologne et en Ukraine, imaginent le pire. Une juge d'instruction a été désignée et une enquête pour disparition inquiétante est ouverte depuis octobre 2025, mais aucune audition ni perquisition n'a été menée.

Une disparition silencieuse à Toulon

Cette nuit-là, personne ne s'est rendu compte qu'Alla avait quitté le domicile de la corniche Marius-Escartefigue à Toulon. « Elle est partie en pleine nuit. On n'en a rien entendu et depuis elle n'est plus là. C'est ainsi. On n'y pense plus », déclare le père de ses enfants. La jeune fille, S., âgée de 13 ans, se fait l'interprète de son père en français. Ils se souviennent être allés à la plage, sans Alla qui serait restée à l'appartement. Ils sont revenus pour manger ; Alla n'aurait pas dîné avec eux. Ils ont ensuite assisté au feu d'artifice. Le lendemain, ils se sont tous réveillés - sauf Alla -, tardivement, vers 10 heures.

Le 15 juillet 2024, la coiffeuse ukrainienne n'est plus là. Elle n'a pris aucun papier d'identité, elle a laissé son téléphone, elle n'a pas d'argent. Le commissariat de police est alerté. On demande à la famille de rappeler 48 heures plus tard. Deux jours plus tard, la situation n'a pas changé. Le 19 juillet 2024, ce sera la dernière fois où le père des enfants, Igor, qui travaille occasionnellement dans le BTP, a un contact avec la police. Les enfants ne seront jamais interrogés.

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Une enquête au point mort

Deux ans plus tard, une juge d'instruction est bien désignée et une enquête pour disparition inquiétante est ouverte depuis octobre 2025, sans aucune audition, sans perquisition dans le logement alors occupé par la famille. « Nous avons déménagé et nous avons changé d'établissement scolaire », commente la jeune fille. Alla, portée disparue depuis deux ans, est mère de deux enfants mineurs scolarisés à Toulon.

Étrangement, la disparition d'Alla semble être un fait acquis. « Elle n'est plus là. Elle est partie. On a une autre vie ». Son compagnon ne veut même pas en entendre parler. Personne, à part les bénévoles de l'association de recherche des personnes disparues (ARPD), ne semblent être à la recherche de la quadragénaire. Ils envisagent qu'elle soit peut-être retournée en Ukraine.

La sœur et la fille d'Alla craignent le pire

À près de 2 000 kilomètres de là, une femme ne lâche pas et ne croit absolument pas à un retour d'Alla sur ses terres natales. Depuis la Pologne, sa sœur poursuit seule ce combat. Contactée par Var Matin, elle décrit une inquiétude intacte : « Je crains qu'il soit arrivé quelque chose de grave à ma sœur ». Pour elle, la version d'un simple départ volontaire ne tient pas. Elle rappelle qu'Alla a été victime de violences conjugales en Ukraine, puis, selon ses dires, en France.

À ces craintes s'ajoute celle de la fille aînée d'Alla, née d'une première union, restée en Ukraine. Selon sa tante, Anna, 22 ans, vit dans l'angoisse de ne jamais savoir ce qu'il est advenu de sa mère. « Ma nièce souffre énormément et pleure souvent. Elle m'aide beaucoup dans les recherches pour retrouver Alla. Elle est très impliquée pour retrouver sa mère », confie Inna.

Des témoins l'ont reconnue

Sur la situation de la mère de famille, entre son arrivée en France en mars 2022 pour fuir la guerre et sa disparition, c'est un grand vide lorsque nous interrogeons le père de ses enfants et sa fille. Lui ne veut plus rien savoir. L'adolescente tempère et explique qu'Alla se sentait mal en France, loin de l'Ukraine, loin de son fils aîné parti à la guerre. Elle n'aurait pas fait de connaissances à Toulon.

À la suite d'une publication récente dans Var-Matin, des témoins se sont manifestés et disent reconnaître Alla. Par rapport aux photographies publiées, une lectrice précise qu'elle a une frange et qu'elle est plus mince, mais elle a refusé d'en dire plus. Sa sœur pense aux pires situations. « Je ne sais pas où elle est. Je vis loin et je fais tout ce que je peux… », ajoute Inna. Elle souhaite que la justice mène des investigations et que des gens parlent.

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En août 2024, la police nationale a lancé un appel à témoins, diffusant le signalement d'Alla Tsykalo : 1,55 m, cheveux noirs mi-longs, yeux marron, vue pour la dernière fois vêtue d'un pantalon et de chaussures noires. Il est évoqué les parcs de la Loubière et des Lices, les plages du Mourillon. Toute personne disposant d'informations sur cette disparition est invitée à contacter l'ARPD au 06.69.29.60.04.