Suspendue depuis le 8 juillet 2026 à titre conservatoire, la directrice générale de la régie Lignes d'Azur (RLA) prend la parole pour la première fois. Elle demande à être reçue par le conseil d'administration, une requête formulée le 16 juillet 2026, restée sans réponse à ce jour. « Il n’y a pas de faute disciplinaire, je demande à être entendue. Tout le monde parle de moi, dans les couloirs, dans les bureaux, dans la presse, mais on ne m’a jamais donné la parole. Il n’y a pas eu de contradictoire », dénonce-t-elle, sans souhaiter que son identité soit divulguée pour ne pas « tourmenter davantage (sa) famille ».
Une gestion sous tension
La régie, gestionnaire des transports en commun de la métropole niçoise, traverse une crise sociale exceptionnelle, marquée par deux grèves en deux semaines et la menace d’une troisième. La directrice générale, en poste depuis janvier 2025 pour un contrat de trois ans, martèle : « Si on me laisse parler, je suis certaine que ma probité sera reconnue. » Elle affirme pouvoir aider RLA à sortir de la crise : « Il faut se calmer et prendre de la hauteur. Et qui mieux que la directrice générale connaît cette boîte ? »
Elle rappelle l’enjeu financier : « RLA, c’est 260 millions d’euros par an, c’est le premier budget de la Métropole, c’est de l’argent public. Beaucoup d’argent. Et beaucoup de responsabilités pour moi. » Elle explique avoir lancé début 2026 des audits confiés à des cabinets extérieurs, notamment sur les comptes du CSE et un audit social, dans un souci de transparence pour la nouvelle municipalité. « J’ai écouté tous les syndicats… Peut-être que ça en a dérangé certains… J’ai relevé un certain nombre de non-conformités, j’ai transmis tout ça à la nouvelle présidence. »
Un contexte de tensions syndicales
Elle évoque son arrivée dans un climat de « campagne municipale très violente » et des élections professionnelles en février 2026 qui ont modifié le rapport de force entre les syndicats, la CGT historique perdant de la représentativité, tandis que Sud et la CFTC émergeaient. « Je suis droite dans mes bottes et j’ai des documents d’avocats pour le prouver », assure-t-elle, ajoutant : « Je ne suis personne, je n’ai pas de réseaux, je viens d’une famille niçoise humble. Je n'ai pas d’appartenance politique, pas de mandat syndical, je ne suis protégée par personne. » Elle reçoit, dit-elle, des dizaines de messages de soutien de la « minorité silencieuse ».
Son objectif : « Je peux apaiser la crise si on m’écoute. Je ne veux pas faire de polémique, j’ai toujours travaillé dans l’intérêt général. »
La position du président
Le nouveau président de RLA, Bertrand Gasiglia, répond : « Sa probité n’est pas en cause. Il y a, en revanche, de vrais problèmes de management. » Quant à la recevoir, il indique : « On est en discussion entre avocats et j’aimerais que son départ se règle comme ça, entre avocats. » Il ajoute que ce n’est pas un problème isolé, évoquant des départs compliqués de la directrice dans d’autres entreprises de transports publics, à la Communauté d’agglomération Sophia Antipolis (Casa) à Antibes et à la Communauté d’agglomération Cannes Pays de Lérins, où elle n’a pas terminé ses contrats.



